Secteur bancaire de l’UEMOA : Une progression de plus de 14% en 2025

(Une dynamique régionale portée par la Côte d’Ivoire et l’essor remarqué du Bénin) Le paysage bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) affiche une vitalité remarquable. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission Bancaire de l’Uemoa, le secteur bancaire de l’Union a connu une accélération marquée de sa croissance et de sa rentabilité. Porté par un réseau dynamique de 161 établissements de crédit agréés (dont 136 banques et 25 établissements financiers) ainsi que 524 institutions de microfinance, le bilan total des banques régionales a franchi le seuil des 82 298,8 milliards de Fcfa à la fin de l’année 2025, soit une progression de 14,1 % sur un an.

Cette expansion financière s’accompagne d’un renforcement net de la solidité du secteur. Les dépôts et emprunts ont grimpé de 16 % pour atteindre 56 200,2 milliards de Fcfa, tandis que les crédits accordés à la clientèle ont progressé de 5,5 %, s’établissant à 38 731,6 milliards de Fcfa. La rentabilité financière globale s’est traduite par un résultat net en hausse spectaculaire de 25,5 %, atteignant 1 252,1 milliards de Fcfa. Parallèlement, le ratio moyen de solvabilité s’est amélioré, passant de 14,7 % en 2024 à 15,6 % en 2025, bien au-dessus du minimum réglementaire de 11,5 %.

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Une cartographie sous forte concentration régionale

L’analyse des bilans globaux par pays révèle une forte disparité et une concentration géographique marquée autour du binôme Côte d’Ivoire-Sénégal, qui regroupe à lui seul 57,1 % des actifs bancaires de la zone. En tête de ce classement, la Côte d’Ivoire confirme sa position de première place financière en détenant 31 198,6 milliards de Fcfa d’actifs, soit 37,9 % du total régional. Le Sénégal arrive loin derrière au deuxième rang avec 15 783,2 milliards de Fcfa (19,2 %), suivi du Burkina Faso qui complète le podium à la troisième place avec 10 251,4 milliards de Fcfa (12,5 %). Le Mali occupe le quatrième rang avec 9 076,2 milliards de Fcfa (11,0 %), devançant le Bénin qui s’installe à la cinquième position avec 7 607,6 milliards de Fcfa (9,2 %). En bas de tableau, le Togo pointe à la sixième place avec 5 440,3 milliards de Fcfa (6,6 %), le Niger à la septième place avec 2 429,8 milliards de Fcfa (3,0 %), tandis que la Guinée-Bissau ferme la marche avec 511,6 milliards de Fcfa, ne représentant que 0,6 % de la masse des bilans bancaires de l’Union.

La Côte d’Ivoire maintient ainsi un leadership incontesté en hébergeant près de 38 % de l’activité financière régionale. Le pays domine non seulement par le volume financier, mais aussi par son infrastructure : 868 guichets, 1 279 guichets automatiques (Gab) et plus de 8,26 millions de comptes bancaires sur les 23,7 millions recensés au niveau de l’Uemoa.

Le Bénin : 5ᵉ place régionale et percée historique de la BIIC

Dans ce paysage compétitif, le Bénin tire son épingle du jeu avec brio. Positionné au 5ᵉ rang de la zone Uemoa avec un total bilan bancaire de 7 607,6 milliards de Fcfa, le Bénin capte 9,2 % des actifs régionaux. Il confirme ainsi sa stabilité macroéconomique et son rôle de carrefour financier en Afrique de l’Ouest, devançant le Togo voisin. Le fait le plus marquant du rapport 2025 pour le système bancaire béninois réside dans la performance individuelle de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce (BIIC).

Avec un total bilan établi à 1 886,8 milliards de Fcfa à la fin de l’exercice 2025, en hausse exponentielle de 24,8 % sur un an, la BIIC réalise la plus forte progression opérationnelle du Top 10 régional. Cette envolée remarquable lui permet de faire une entrée fracassante à la 8ᵉ place du classement des 10 premières banques de l’Uemoa, opérant une remontée spectaculaire de quatre places en seulement douze mois.

L’entrée de la BIIC dans ce cercle restreint constitue une recomposition majeure du haut du marché bancaire ouest-africain. Elle s’est faite au détriment de géants historiques de la zone, reléguant notamment la Société Générale Sénégal hors du Top 10 (à la 12ᵉ place).

Un marché en mutation sélective

Bien que la Côte d’Ivoire s’accapare six des dix premières institutions financières régionales – menées par Société Générale Côte d’Ivoire (3 783,4 milliards FCFA) et la Banque Nationale d’Investissement (3 210,3 milliards FCFA) -,  la présence du Bénin au sein du Top 5 reflète la dynamique de diversification économique engagée dans le pays.

Le renforcement des contrôles par la Commission bancaire, concrétisé par 40 injonctions formulées à l’encontre de 37 établissements en 2025, démontre un cadre prudentiel rigoureux. Dans cet environnement réglementaire assaini, l’essor des banques béninoises témoigne d’une confiance accrue des déposants et du secteur privé dans la solidité du marché financier local.

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