Namadina Tudunwada a été interpellé lundi par les autorités religieuses de Kano, dans le nord du Nigeria. Une vidéo publiée sur son compte, où il mettait en balance le prix d’un mariage traditionnel et celui d’une relation hors mariage, est à l’origine de son arrestation.
Une vidéo virale au cœur de l’affaire
Le contenu, largement partagé, avançait qu’une relation sexuelle illicite reviendrait à environ 2 000 nairas, quand un mariage selon les coutumes locales peut coûter jusqu’à 200 000 nairas. Les agents du Hisbah, la brigade chargée de faire respecter la charia dans l’État de Kano, ont mené l’opération dans la zone de gouvernement local de Tudunwada, dont le suspect tire son nom d’usage sur les réseaux sociaux.
Le Deputy Commander-General du Hisbah Board, Mujahid Aminuddeen, a confirmé l’arrestation dans un communiqué. Il y indique que le TikTokeur risquait d’égarer les jeunes générations en banalisant un comportement contraire à la morale.
L’accusation portée par le Hisbah
L’organisme religieux reproche au créateur de contenu d’avoir vanté, chiffres à l’appui, les mérites financiers de la fornication face au mariage. Le coût élevé des cérémonies matrimoniales décourage déjà nombre de jeunes Nigérians d’officialiser leurs unions, un phénomène régulièrement documenté par la presse locale.
Un porte-parole du Hisbah a par ailleurs prévenu les autres créateurs de contenu de Kano : toute publication perçue comme un encouragement à l’immoralité ou une atteinte aux valeurs sociétales expose désormais à des poursuites similaires.
Une brigade au pouvoir croissant sur les réseaux sociaux
Le Hisbah existe depuis 2001 dans l’État de Kano, l’un des douze territoires du Nigeria appliquant la charia en parallèle du droit commun. Longtemps cantonnée à la surveillance des tenues vestimentaires et de l’industrie cinématographique locale, la brigade a élargi sa surveillance à TikTok et aux autres plateformes numériques au cours des dernières années, multipliant les arrestations de créateurs de contenu jugés provocateurs.
Plusieurs influenceurs ont déjà été poursuivis, voire placés en détention provisoire, pour des publications jugées contraires aux bonnes mœurs dans le nord du Nigeria. Le sort judiciaire réservé à Namadina Tudunwada n’a pas encore été précisé par les autorités.



