Deux robots humanoïdes peuvent désormais intervenir simultanément dans un même foyer à San Francisco pour effectuer des tâches ménagères. La startup Tau Robotics propose ce nouveau format à 60 dollars l’heure, contre 30 dollars pour un seul robot, selon une annonce publiée sur X par son fondateur Alexander Koch.
Un service lancé fin juillet, élargi début août
Le service de nettoyage humanoïde de Tau Robotics fonctionne depuis le 28 juillet 2026 dans la ville californienne, sur invitation uniquement. Les nouveaux clients doivent s’inscrire sur liste d’attente via le site tau-robotics.com pour recevoir un code d’accès. Les visites, d’une heure, couvrent des tâches comme l’aspirateur, le nettoyage des plans de travail ou la sortie des poubelles. Une vidéo accélérée diffusée par l’entreprise montre deux robots intervenant en parallèle dans une cuisine, sur une durée réelle d’environ 40 minutes.
Les robots ne fonctionnent pas de façon totalement autonome. Selon Alexander Koch, les technologies d’IA actuelles ne permettent pas à un robot humanoïde de gérer seul un environnement domestique non structuré. Chaque appareil est donc piloté à distance par un opérateur humain, assisté par un système d’IA pour la navigation et l’exécution des gestes.
Des robots à 50 000 dollars pièce, financés par 2,6 millions de dollars
Selon des informations relayées par CBS News, chaque robot coûterait environ 50 000 dollars à produire. Tau Robotics, fondée en 2024, a levé 2,6 millions de dollars en financement d’amorçage et emploie actuellement trois ingénieurs. Les humanoïdes portent des noms propres, comme Chelsea ou Elon, et sont habillés d’un uniforme noir frappé du logo de l’entreprise. L’équipe prévoit de passer à 1 000 interventions par semaine à San Francisco d’ici 2027, avant une expansion vers d’autres villes américaines puis à l’international en 2028.
Toutes les sessions de nettoyage sont filmées en continu par les opérateurs distants, et ces images servent ensuite à entraîner les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise en vue d’une autonomie complète des robots. Ce choix soulève des questions de confidentialité, les caméras captant l’intérieur des domiciles visités.
Un scepticisme technique exprimé par des experts
Ken Goldberg, professeur d’ingénierie à l’université de Californie à Berkeley et fort de quarante ans d’expérience en robotique, a exprimé des doutes sur la maturité de la technologie. « Cela reste trop tôt », a-t-il jugé auprès d’ABC7, estimant qu’il est encore difficile pour un robot de ramasser des objets au sol ou d’essuyer des surfaces complexes.
Tau Robotics n’est pas la seule entreprise à investir ce secteur émergent. D’autres acteurs, comme IX Technologies avec son robot Neo, développent également des humanoïdes destinés aux tâches domestiques. Les analystes du secteur estiment généralement qu’il faudra encore cinq à dix ans avant que ces machines puissent accomplir des tâches ménagères de manière fiable et autonome, sans supervision humaine.