Afrique du Sud : l'Église d'Adeboye finance le retour de 500 Nigérians fuyant la xénophobie, Abuja le remercie

Cinq cents billets d’avion aller simple viennent d’être financés pour des ressortissants nigérians bloqués en Afrique du Sud. La Redeemed Christian Church of God (RCCG) a versé 265 854 dollars au gouvernement fédéral du Nigeria pour couvrir ces évacuations, a annoncé le ministère des Affaires étrangères ce jeudi 3 septembre.

Un don destiné à accélérer les rapatriements

La somme, remise par l’église dirigée par le pasteur Enoch Adejare Adeboye, doit servir exclusivement à l’achat de billets pour les Nigérians souhaitant quitter le territoire sud-africain. Le geste a été qualifié de « démonstration significative de la compassion et de la solidarité » de l’église envers les compatriotes en difficulté, peut-on lire dans le communiqué signé par le porte-parole du ministère, Oluwafemi Adeniyi. Le texte ajoute que cette contribution montre ce que peut apporter « une collaboration entre organisations confessionnelles et institutions publiques » face aux défis sociaux.

Les évacuations organisées par Abuja depuis l’Afrique du Sud ont débuté le 10 juin 2026, après une nouvelle vague d’agressions xénophobes et afrophobes visant des ressortissants africains et d’autres nationalités. Depuis cette date, 1 640 Nigérians ont été rapatriés. Sur ce total, 1 385 retours ont été intégralement financés par l’État fédéral, tandis que les 255 évacuations restantes ont reposé sur des dons privés, dont celui de la RCCG constitue le dernier exemple en date.

Des centaines de dossiers encore en attente

Selon le ministère, 202 Nigérians patientent actuellement dans l’attente d’un contrôle final effectué par le département sud-africain de l’Intérieur, étape préalable indispensable à leur retour. Le Haut-Commissariat nigérian à Pretoria et le Consulat général à Johannesburg poursuivraient leurs échanges avec les associations de la communauté nigériane pour recenser les candidats au départ.

Le sujet a également été porté au niveau continental. Lors de la 21ᵉ session extraordinaire de l’Union africaine, tenue le 30 août 2026 à Luanda, en Angola, une déclaration lue au nom du président Bola Ahmed Tinubu par le vice-président Kashim Shettima a exprimé une inquiétude officielle concernant la répétition des violences xénophobes en Afrique du Sud, appelant à une réponse collective sur le continent.

Une tension diplomatique récurrente entre les deux pays

Les épisodes de violences anti-migrants en Afrique du Sud ne datent pas de cette année. Un précédent pic avait déjà entraîné, en septembre 2019, le rapatriement de plusieurs centaines de Nigérians après des pillages ayant fait une douzaine de morts à Johannesburg. Cette année encore, le Nigeria avait évoqué la possibilité de réclamer des réparations à Pretoria après une série d’évacuations menées fin juin.

Le ministère a précisé que d’autres partenariats seraient envisagés avec des organisations privées, des philanthropes et des acteurs du développement, dans l’optique de soutenir durablement les ressortissants nigérians établis à l’étranger. Aucun calendrier n’a toutefois été communiqué concernant la fin du programme d’évacuation en cours.

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