Barack Obama tacle la mentalité des milliardaires qui refusent de « renoncer à quoi que ce soit »

Barack Obama a critiqué les grandes fortunes américaines lors d’un échange public à l’université Colgate, dans l’État de New York. L’ancien président a estimé que les contribuables les plus riches du pays ne contribuaient pas suffisamment au budget fédéral.

Une charge contre l’exil fiscal des milliardaires

Selon les propos rapportés par l’ancien président lui-même sur sa plateforme Medium, les grandes fortunes américaines échapperaient largement à l’impôt grâce à des montages financiers. « Les personnes fortunées de ce pays ne paient pas assez d’impôts, et les ultra-riches ne paient souvent aucun impôt et ont trouvé comment contourner le système », aurait-il déclaré.

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Obama a ensuite visé plus précisément les milliardaires qui délocalisent leur résidence fiscale vers la Floride, État sans impôt sur le revenu. Il aurait pris soin de distinguer cette catégorie des millionnaires, évoquant des fortunes si importantes qu’elles ne pourraient jamais être dépensées entièrement, ni par leurs détenteurs ni par leurs descendants. Pour lui, la taxe d’État que ces contribuables cherchent à éviter représenterait une somme dérisoire au regard de leur patrimoine total. Il aurait résumé cet état d’esprit par une formule tranchante sur le refus de tout sacrifice financier, quelle qu’en soit l’ampleur.

Un débat fiscal ancien chez les démocrates

Cette sortie reprend une ligne défendue par l’ancien président depuis son passage au pouvoir. En 2012, il avait porté la « règle Buffett », un projet visant à empêcher les millionnaires et milliardaires de payer un taux d’imposition inférieur à celui des classes moyennes. Le texte, débattu au Sénat, n’avait finalement jamais été adopté par le Congrès.

Le phénomène de délocalisation fiscale vers des États sans impôt sur le revenu s’est par la suite accentué. Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, a par exemple quitté l’État de Washington pour Miami, une décision qui lui aurait permis d’économiser près de 300 millions de dollars sur la seule vente d’actions de son groupe.

Donald Trump a fait du mot « communisme » l’un des axes centraux de sa rhétorique économique depuis son retour au pouvoir, employant le terme à quinze reprises lors d’un discours de campagne des midterms début septembre. Le président républicain y dénonçait un « caucus communiste » qui prendrait, selon lui, le contrôle du Congrès en cas de victoire démocrate.

Cette offensive verbale, déjà déployée contre plusieurs figures de gauche comme Kamala Harris ou des candidats progressistes new-yorkais, rappelle les attaques anticommunistes des années 1950 selon plusieurs historiens. Les prises de position fiscales d’Obama, ancien chef de file du camp démocrate, s’exposent au même type de critiques dans un climat politique polarisé. Cette nouvelle prise de parole de l’ancien président relance un débat que Washington n’a jamais totalement refermé.

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