Une étude publiée lundi par l’organisation Public Citizen recense 57 responsables de l’administration de Donald Trump dont la fortune personnelle dépasse 100 millions de dollars. Ce chiffre dépasse de plus de quatre fois le total cumulé des trois administrations précédentes, selon ce décompte.
Une répartition entre postes diplomatiques et exécutifs
Parmi ces 57 personnes, une majorité occupe des fonctions au sein des agences fédérales, tandis qu’une autre partie représente le pays à l’étranger en tant qu’ambassadeurs. Huit des 23 membres du Cabinet actuel franchissent ce seuil de fortune, un ratio inédit pour une équipe gouvernementale de cette taille.
Deux d’entre eux sont milliardaires : le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et la secrétaire à l’Éducation Linda McMahon. Le secrétaire adjoint à la Défense Stephen Feinberg et l’administratrice de la Small Business Administration Kelly Loeffler complètent ce groupe de milliardaires au gouvernement. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent ainsi que l’émissaire spécial Steve Witkoff possèdent chacun plusieurs centaines de millions de dollars.
L’écart se creuse par rapport aux administrations précédentes
Sous George W. Bush, cinq responsables affichaient une telle fortune. Le constat est identique pour l’équipe de Joe Biden, également composée de cinq membres centimillionnaires ou plus. Sous Barack Obama, seuls trois responsables atteignaient ce niveau de richesse.
Ce phénomène de gouvernements fortunés n’est pas récent. En 1953, le Cabinet du président Dwight Eisenhower avait été surnommé « neuf millionnaires et un plombier », l’unique exception étant son secrétaire au Travail, ancien syndicaliste issu du métier de plombier. Rapportée en valeur actuelle, la fortune cumulée de cette équipe historique reste toutefois très inférieure aux montants observés aujourd’hui.
Les auteurs du rapport pointent un risque de conflits d’intérêts
La coprésidente de Public Citizen, Lisa Gilbert, estime que « quand les personnes aux commandes du gouvernement proviennent majoritairement des rangs de l’ultra-richesse, cela entraîne des incitations biaisées et des risques de corruption ». Elle interroge ainsi les intérêts réellement représentés par ces responsables.
Le décompte exclut Trump lui-même, dont la fortune personnelle est estimée par Forbes à plus de 6 milliards de dollars, ainsi qu’Elon Musk, qui avait conseillé l’année dernière le président sur la réduction de la taille de l’administration fédérale.
Cette publication intervient alors que la cote de popularité du président sur les questions économiques a reculé, un sondage récent situant son taux d’approbation à 32%, contre 40% au début de son second mandat.



