Les leaders religieux sont appelés à renforcer leur vigilance face aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme au Bénin. Le sujet est au centre d’un séminaire national organisé mardi 15 septembre 2026 à Cotonou par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), avec l’appui de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).
Pendant deux jours, responsables musulmans, chrétiens et représentants d’autres organisations religieuses échangent avec les institutions compétentes sur les risques auxquels leurs structures peuvent être exposées et sur leur rôle dans la prévention de l’extrémisme violent.
Les organisations religieuses appelées à renforcer leur vigilance
Le séminaire porte sur un enjeu qui dépasse la seule gestion financière des organisations religieuses. Selon le président de la CENTIF, Abdou Rafiou Bello, ces structures peuvent gérer des dons, des offrandes, des quêtes ou encore des financements provenant de partenaires extérieurs. Ces flux nécessitent des mécanismes de transparence permettant de connaître l’origine des fonds et leur destination.
Le responsable de la CENTIF a insisté sur la nécessité d’éviter toute confusion entre vigilance et suspicion. L’objectif est de mieux protéger l’intégrité des organisations religieuses et d’empêcher que leur confiance et leur bonne foi soient exploitées à des fins illicites, ressort de son intervention.
Les participants sont ainsi invités à renforcer la tenue de leurs comptes, à conserver les informations relatives aux dons importants et à examiner avec prudence les financements inhabituels ou assortis de conditions particulières. Ces mesures doivent permettre de limiter les risques d’utilisation abusive des structures religieuses.
La parole religieuse comme outil de prévention
Au-delà des questions financières, le rôle des responsables religieux dans la prévention de la radicalisation est également au programme. Le ministre délégué chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé Moussa, a souligné que la prévention du terrorisme ne peut pas reposer uniquement sur les forces de sécurité et les mécanismes judiciaires. Les actions de sensibilisation, l’éducation et le dialogue avec les communautés doivent aussi y contribuer.
Les responsables religieux disposent, sur ce terrain, d’un accès direct aux communautés. Leurs sermons, enseignements et activités de proximité peuvent servir à promouvoir la tolérance, le respect de l’autre et le rejet des discours de haine. Le GIABA considère donc ces acteurs comme des partenaires de la prévention du blanchiment, du financement du terrorisme et de l’extrémisme violent.
Le Bénin prépare l’évaluation de 2028
La rencontre intervient alors que le Bénin poursuit le renforcement de son dispositif national de lutte contre la criminalité financière. Le pays dispose depuis février 2024 de la loi n°2024-01 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive. La CENTIF a indiqué avoir reçu et traité 529 déclarations d’opérations suspectes en 2025, donnant lieu à 154 notes de renseignements financiers. Le séminaire organisé cette semaine constitue aussi la deuxième édition d’une rencontre consacrée aux organisations religieuses, après celle tenue en 2022. Il doit contribuer à préparer le Bénin aux prochaines évaluations mutuelles de son dispositif de LBC/FT, prévues en février 2028.
Cette échéance intervient dans un processus plus large d’évaluation du dispositif béninois par le GIABA. Le pays fait déjà l’objet d’un suivi renforcé à la suite de son évaluation mutuelle précédente.



» le GIABA mobilise les leaders religieux contre le blanchiment et le terrorisme »
Très bonne idée!