BFMTV : le vrai bilan (chiffré et contesté en interne) des débuts de Sonia Mabrouk

Un quart des invités de Sonia Mabrouk sur BFMTV proviennent de l’extrême droite, selon un décompte syndical portant sur les deux premières semaines de son émission fin août-début septembre 2026 — plus du double des autres tranches d’information de la chaîne, où ce taux plafonne à 11,8% et descend sous les 5% sur « Apolline Matin ». Le Syndicat National des Journalistes et la CGT RMC BFM ont dénoncé, le 10 septembre, l’inaction de la direction face à ce constat.

Mabrouk a rejoint BFMTV en février 2026 après avoir démissionné de CNews et d’Europe 1, mettant fin à sept ans passés dans les médias du groupe Vincent Bolloré. Sa démission faisait suite au maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs et harcèlement sexuel. « Hier, aujourd’hui, comme demain, ma boussole restera la préservation de l’intérêt des victimes« , écrivait-elle dans le communiqué annonçant son départ, transmis à l’AFP début février.

Un lancement sous surveillance syndicale

Dès les deux premières éditions de « 100% Mabrouk », diffusée du dimanche au jeudi entre 18h45 et 21h, la rédaction s’est émue de la présence sur le plateau de la présidente du mouvement ETHIC Sophie de Menthon et d’une ancienne chroniqueuse de CNews, Céline Pina. Une ambiance tendue en interne que révélait Le Parisien fin août, la Société des journalistes redoutant que l’émission ne devienne une déclinaison d’opinion de la chaîne.

La direction aurait d’abord reconnu des erreurs dans le choix des invités, avant que Mabrouk ne dément ce terme sur France Inter fin août : « La direction de BFMTV n’a absolument pas employé ce mot, ce n’était pas une erreur. »

Le rendez-vous Ménard, point de friction persistant

Le communiqué syndical du 10 septembre vise en particulier le format hebdomadaire de 20 minutes réservé chaque dimanche au maire de Béziers, Robert Ménard, sans contradicteur identifié à ce jour. La direction chercherait depuis plusieurs semaines une personnalité de gauche pour rééquilibrer ce rendez-vous, en vain selon les syndicats, qui reprochent à la hiérarchie son absence de fermeté.

Côté finances, la rémunération de Mabrouk sur BFMTV n’a été confirmée ni par la chaîne ni par l’intéressée. Les seules estimations disponibles émanent d’un animateur de W9, qui évoquait un salaire annuel proche de 500 000 euros, contre environ 800 000 euros cumulés précédemment entre CNews et Europe 1 — un écart théorique annuel, et non mensuel comme parfois relayé. Aucun document ni source interne à CMA Média n’a confirmé ces montants. L’arrivée de Mabrouk intervient alors que BFMTV mène les audiences de l’information en continu depuis cinq mois, un écart avec sa principale concurrente que la chaîne n’avait plus connu depuis trois ans.

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