Dans la nuit du 14 juillet 2026, quelques heures à peine après avoir éliminé la France en demi-finale du Mondial, Lamine Yamal échappait à un cambriolage planifié à son domicile. Ce précédent, resté largement dans l’ombre, éclaire d’un jour nouveau le projet d’enlèvement visant Kylian Mbappé, démantelé début septembre par les enquêteurs parisiens — près de deux mois plus tard.
Une intrusion stoppée à 4 heures du matin
Les faits se sont déroulés la nuit suivant la victoire espagnole (2-0) face aux Bleus, à Dallas. Selon le quotidien catalan La Vanguardia, la propriété de l’attaquant du FC Barcelone, située à Esplugues de Llobregat, en banlieue de Barcelone, a fait l’objet d’une tentative d’intrusion. Repérés par les caméras de surveillance, deux individus cagoulés ont été surpris alors qu’ils tentaient de franchir l’enceinte de la propriété, sans parvenir à entrer dans la résidence. Un porte-parole des Mossos d’Esquadra, la police catalane, a confirmé qu’une tentative avait bien été signalée dans la commune, sans révéler l’identité du propriétaire visé.
Ce n’était pas une première pour l’entourage du joueur, alors âgé de 19 ans : son père, Mounir Nasraoui, avait déjà été poignardé en 2024 lors d’une agression à Mataró, ville d’origine de la famille. Deux coéquipiers de Yamal au Barça, Pau Cubarsí et Juan García, avaient eux aussi été cambriolés quelques mois plus tôt.
Deux menaces, deux réponses différentes
Le cas Mbappé obéit à une autre logique, révélée début septembre 2026. Le capitaine des Bleus comptait parmi 26 cibles fortunées répertoriées par un réseau piloté depuis une cellule de prison par un Franco-Suisse de 18 ans, communiquant via Snapchat sur des téléphones introduits clandestinement en détention. C’est l’analyse de deux téléphones saisis, après l’agression d’un horloger à Neuilly-sur-Seine, qui a permis de reconstituer la liste des adresses ciblées et de démanteler le projet avant tout passage à l’acte.
Dans le dossier Yamal, c’est la vigilance du dispositif de sécurité privé qui a fait la différence, sans intervention judiciaire préalable. Dans celui de Mbappé, deux mois plus tard, c’est une enquête policière remontant un tout autre fait divers qui a permis d’anticiper la menace.
Un secteur sous tension généralisée
Ces épisodes font suite à une vague de ciblage des stars du football à haut patrimoine. En Angleterre, plusieurs joueurs évoluant à Manchester et sur les rives de la Mersey ont vu leurs véhicules dérobés par un gang spécialisé, poussant une unité policière dédiée à lancer l’opération Equalise. En 2017, Gregory Sertic avait de son côté reçu des menaces de mort à son domicile après l’annonce d’un possible départ vers Marseille. Face à cette exposition croissante, les clubs les plus huppés poussent désormais joueurs et encadrants à limiter ce qu’ils dévoilent de leur quotidien en ligne et à renforcer la surveillance de leur lieu de vie.
