Six hommes ont quitté Le Cap vendredi à destination des États-Unis, remis aux mains du FBI et du Secret Service américain. Ces ressortissants nigérians, détenus en Afrique du Sud depuis 2021, doivent répondre de fraude électronique et de blanchiment d’argent devant la justice américaine.
Selon la police sud-africaine, les six suspects appartiendraient au réseau Black Axe, une organisation transnationale accusée d’avoir piégé plus de 100 Américaines par le biais de fausses relations amoureuses en ligne. Le préjudice total dépasserait les 100 millions de rands, soit environ 6,2 millions de dollars.
Des profils variés parmi les personnes visées
D’après les Hawks, l’unité d’élite de la police sud-africaine, le mode opératoire reposait sur la construction patiente d’une relation de confiance avant toute demande d’argent. Des femmes retraitées ainsi que des cheffes d’entreprise figureraient parmi les personnes flouées, selon la porte-parole des Hawks Katlego Mogale, qui évoque des montages amoureux élaborés destinés à soutirer de l’argent aux victimes.
L’arrestation initiale des six hommes remonte à une opération menée au Cap en 2021, marquant le point de départ d’une procédure d’extradition longue de cinq ans. La remise aux autorités américaines a eu lieu à l’aéroport international du Cap.
Un mouvement étudiant devenu réseau criminel mondial
L’histoire de Black Axe commence loin des écrans et des applications de rencontre. Le groupe, également appelé Neo Black Movement of Africa, voit le jour en 1977 comme association d’étudiants sur un campus de l’État nigérian d’Edo, avant de basculer progressivement vers des activités criminelles organisées. Il possède aujourd’hui des ramifications sur plusieurs continents, de l’Amérique du Nord à l’Asie en passant par l’Europe.
Interpol la considère comme responsable d’une part importante de la fraude financière mondiale liée à la cybercriminalité, à travers les arnaques sentimentales, les escroqueries aux cryptomonnaies et les faux investissements. Un précédent coup de filet mené à Johannesburg avait permis l’arrestation de 39 personnes liées à un syndicat similaire ciblant des retraités dans des pays anglophones, avec la saisie de 2,67 millions de dollars et le gel de plus de 250 comptes bancaires.
Un antécédent judiciaire dans le même réseau
Cette extradition n’est pas la première visant des membres présumés de Black Axe basés en Afrique du Sud. En 2024, Enorense Izevbigie, présenté par la justice américaine comme un dirigeant de la cellule du Cap, avait déjà été extradé vers les États-Unis pour des faits similaires de fraude électronique et de blanchiment, portant sur la période 2011-2021.
Les six hommes extradés vendredi devront désormais comparaître devant un tribunal fédéral américain pour répondre des chefs d’accusation retenus contre eux. Aucune date de procès n’a été communiquée à ce stade.



