Kim Kang-il, vice-ministre nord-coréen de la Défense, a déclaré jeudi que le renforcement militaire américain justifiait l’expansion de l’arsenal atomique de son pays. Son intervention a eu lieu lors du Forum de Xiangshan à Pékin, la principale conférence de sécurité organisée par la Chine.
Le responsable a affirmé que la Corée du Nord ne reviendrait jamais sur son statut d’État doté de l’arme nucléaire. « Le renforcement continu de l’arsenal des États ennemis justifie pleinement la construction d’un solide bouclier nucléaire », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Reuters.
Une accusation directe contre Washington
Le vice-ministre a attribué les tensions dans la péninsule coréenne à la politique jugée hostile des États-Unis. Il a accusé Washington de transformer sa coopération militaire avec la Corée du Sud et le Japon en une alliance nucléaire régionale.
Kim Kang-il a également affirmé que le statut constitutionnel nucléaire de son pays constituait une « ligne de non-retour », appelant les autres nations à renoncer à tout espoir de dénucléarisation de la péninsule. Ces déclarations font écho à celles tenues la veille par Kim Yo-jong, sœur du dirigeant Kim Jong-un, qui avait qualifié d’absolu et d’irréversible le statut nucléaire du pays, rejetant les appels formulés lors de la récente réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Six décennies de programme nucléaire
Pyongyang signe un premier accord de coopération nucléaire avec l’Union soviétique dans les années 1950. Un réacteur entre en service en 1965, avant qu’une usine de retraitement de plutonium ne soit construite dans la décennie suivante. Le pays adhère au Traité de non-prolifération nucléaire en 1985, sous pression de Moscou, puis s’en retire en 2003 après avoir été classé par le président américain George W. Bush parmi les États formant l’« axe du mal ».
Un premier essai atomique a lieu en octobre 2006 dans le nord-est du pays. Cinq autres suivront, le dernier en septembre 2017, avec une charge estimée entre 70 et 280 kilotonnes. L’institut suédois de recherche sur la paix évalue aujourd’hui l’arsenal nord-coréen à une cinquantaine de têtes nucléaires.
Un cadre régional sous tension
Les exercices militaires conjoints entre les États-Unis, Séoul et Tokyo se sont multipliés ces derniers mois. Un porte-parole du ministère nord-coréen de la Défense avait, dès mercredi, accusé Washington et la Corée du Sud d’intensifier la confrontation via une planification conjointe de réponse aux armes de destruction massive, évoquant une « déclaration ouverte de confrontation ».
