Alexandre Bortnikov pourrait quitter la direction du FSB dans le cadre d’une vaste réorganisation qui pourrait débuter dès octobre en Russie. L’information provient de deux anciens membres des services de sécurité russes cités par le média d’investigation iStories.
Le changement éventuel concernerait plusieurs structures et responsables de la principale agence de sécurité intérieure russe. Le Kremlin n’a, à ce stade, confirmé ni le départ de Bortnikov ni l’existence d’un calendrier officiel pour cette réorganisation.
Bortnikov dirige le FSB depuis 2008
Arrivé à la tête du FSB en 2008, Bortnikov, né en 1951, appartient à une génération de responsables formés dans les services de sécurité soviétiques. Sa carrière dans cet appareil remonte à 1975. Il a occupé plusieurs fonctions dans les structures de contre-espionnage de la région de Leningrad, avant de prendre en 2003 la direction locale du FSB à Saint-Pétersbourg et dans la région de Leningrad.
Avant sa nomination comme directeur, il avait également dirigé le Service de sécurité économique du FSB. Cette structure a récemment perdu son responsable, Sergueï Alpatov, parti pour des raisons de santé selon les sources citées par iStories. Aucun nouveau directeur n’aurait encore été désigné.
Le premier adjoint de Bortnikov, Sergueï Korolev, assurerait de plus en plus certaines de ses fonctions, selon les deux anciens agents cités par iStories. Son nom figure parmi les personnes susceptibles de lui succéder. Deux autres responsables sont également évoqués : Ivan Tkatchov, chargé du contre-espionnage militaire, et Vladislav Menchtchikov, qui dirige le service de contre-espionnage.
Un service directement placé sous l’autorité présidentielle
Le FSB a été établi dans sa forme juridique actuelle par une loi fédérale adoptée le 3 avril 1995. Le texte définit l’organisation comme un système centralisé chargé de contribuer à la sécurité de la Fédération de Russie. Il place également sa direction sous l’autorité du président russe.
Ses missions couvrent plusieurs domaines : contre-espionnage, lutte contre le terrorisme, lutte contre certaines formes de criminalité, renseignement, surveillance des frontières et sécurité de l’information. Le gouvernement russe décrit aussi le FSB comme l’organisme chargé de coordonner certaines activités de contre-espionnage menées par d’autres administrations.
Le service dispose ainsi d’un champ d’intervention beaucoup plus large que celui d’une seule agence de contre-espionnage. Cette organisation explique l’importance d’un éventuel changement à sa direction.
Des prérogatives renforcées depuis 2026
Le possible remaniement intervient alors que les pouvoirs du FSB ont récemment évolué. Depuis le 1er janvier 2026, le service peut disposer de son propre réseau de centres de détention provisoire pour certaines affaires relevant de la sécurité de l’État, après l’adoption d’une réforme par les autorités russes. Ces structures concernent des personnes soupçonnées de crimes tels que la trahison, l’espionnage ou le terrorisme.
À ce stade, la succession de Bortnikov reste donc hypothétique. Les informations disponibles reposent sur des sources anonymes citées par iStories et aucune décision officielle concernant la direction du FSB n’a été annoncée par les autorités russes.



