Abuja a fait part de son mécontentement le 3 septembre 2026, après le rejet, par la Cour pénale internationale, d’une requête anonyme visant à ouvrir une enquête sur les vagues d’enlèvements qui frappent le Nigeria. Le gouvernement fédéral conteste non seulement la décision, mais aussi la manière dont la procédure a été menée.
Une plainte jugée irrecevable
La Chambre préliminaire II, présidée par le juge Rosario Salvatore Aitala et composée des juges Sergio Godínez et Haykel Mahfoudh, a écarté le 1er septembre 2026 une pétition demandant que les rapts massifs commis au Nigeria soient reconnus comme des crimes contre l’humanité. Le texte, transmis par un plaignant anonyme, aurait été jugé dépourvu de fondement juridique suffisant. Le dossier avait été confié à cette chambre le 26 août, après avoir transité par la Division de procédure le 24 août, avant d’être clos moins d’une semaine plus tard.
La colère d’Abuja face à la procédure
La réaction du gouvernement nigérian ne porte pas uniquement sur le rejet de la requête, mais surtout sur la manière dont celle-ci a été traitée avant son examen. Le procureur général de la Fédération, Lateef Fagbemi, a notamment critiqué le fait qu’un dossier non vérifié, soumis par un auteur non identifié, ait pu être transmis à une chambre de la CPI sans contrôle préalable de sa recevabilité. Selon lui, une procédure de ce type ne peut normalement être engagée que sur saisine du procureur de la CPI, d’un État partie ou du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans son communiqué, le ministre a également estimé que les procédures administratives internes ne devaient pas servir à contourner les exigences prévues par le Statut de Rome. Il a par ailleurs exprimé sa préoccupation face au traitement de requêtes anonymes et non vérifiées, estimant qu’une telle pratique pourrait affecter la coopération établie depuis plusieurs années entre le Nigeria et la juridiction internationale.
Une actualité marquée par une succession de rapts
Cette controverse judiciaire survient dans un climat sécuritaire tendu. Depuis janvier 2026, les organisations de défense des droits humains recensent plus d’un millier de personnes enlevées dans le nord du pays. Parmi les épisodes récents : le kidnapping de plusieurs centaines d’élèves à Papiri fin 2025, celui de fidèles chrétiens dans l’État de Kaduna en janvier, ou encore l’enlèvement d’une cinquantaine de personnes début août dans l’État du Zamfara — un mois marqué aussi par la libération de plus de 300 otages dans les États du Niger et du Kwara.
Pour répondre à cette crise, les autorités fédérales ont dévoilé en juin une stratégie nationale reposant sur des unités militaires conjointes, un gel des financements liés aux rançons, ainsi qu’un renforcement de la surveillance par drones et caméras. Un projet de décentralisation policière, donnant davantage de moyens aux États pour organiser leur propre sécurité, reste également à l’étude.
Un dossier qui rappelle Chibok
L’affaire ravive le souvenir de l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014 par Boko Haram, épisode qui avait suscité une mobilisation internationale mais n’avait jamais donné lieu à une saisine formelle de la CPI. Plus de dix ans après, la question de la compétence de la juridiction internationale sur les enlèvements nigérians reste donc entière.

Vous êtes incapables de vous gérer vous-même, puis vous chercher à impliquer une cpi qui ne l’est que de nom, aussi incompétente que vous qui fait un travail bâclé comme partout dans le Nigerian Gov.