Enlevé puis libéré, ce monarque nigérian décède dans des circonstances troublantes

L’Onigbesi de la terre d’Igbesi, Oba Moses Oyinloye Iwedunmoye I, est mort à l’hôpital dans la nuit de vendredi à samedi, quelques jours seulement après avoir recouvré la liberté. Le souverain traditionnel de cette localité de l’État du Kwara, dans le centre-nord du Nigeria, avait été enlevé par des hommes armés le 22 août 2026, avant d’être secouru cinq jours plus tard par les forces de sécurité. Le terrorisme et le grand banditisme frappent régulièrement les communautés rurales du pays et ont déjà coûté la vie à d’autres chefs traditionnels ces dernières années.

Une captivité de cinq jours dans la brousse

L’attaque contre Igbesi, une localité proche d’Oke-Onigbin dans la zone de gouvernement local d’Isin, s’est produite vers 23 heures le 22 août. Une dizaine d’assaillants ont fait irruption dans la communauté et emmené le monarque vers une destination alors inconnue, selon les vérifications du média local This Day. Le commissaire de police du Kwara, Ojo Adekimi, a confirmé l’enlèvement dès les premières heures.

La libération est intervenue le 27 août, lors d’une opération conjointe menée par la police, l’armée et des groupes de vigiles dans l’axe forestier d’Elerin/Ijomu-Oro. Selon la porte-parole de la police du Kwara, Adetoun Ejire-Adeyemi, l’intervention a démarré après le signalement d’un vigile blessé par balle. Un échange de tirs a permis de neutraliser un ravisseur présumé, tandis que les autres membres du groupe prenaient la fuite. Deux autres victimes enlevées avec le souverain, Maryam Abubakar et Aisha Ilyasu, ont été libérées au cours de la même opération.

Un décès survenu après une brève hospitalisation

Selon le fils du défunt, le prince Olasunkanmi, son père a été admis à l’hôpital dès sa libération. « Il est mort après une brève maladie consécutive à sa libération. Nous l’avons emmené à l’hôpital en espérant qu’il survivrait, mais il est mort là-bas très tôt ce matin », a-t-il déclaré. Le décès a été annoncé le samedi 12 septembre par Bisi Fakayode, président national de l’organisation communautaire Omo Ibile Igbomina.

Le coordinateur du dispositif de sécurité conjoint du Kwara-Sud, l’aîné Olaitan Oyin Zubair, a estimé dans un hommage que le monarque « paraissait déjà très affaibli après son sauvetage », avançant l’hypothèse d’un lien entre sa mort et le traumatisme subi en captivité. Aucune cause médicale officielle n’a été confirmée à ce stade.

Dès 2021, un rapport local recensait déjà des victimes contraintes de marcher des dizaines de kilomètres à travers la brousse après leur enlèvement dans cette même zone du Kwara-Sud, nourries une seule fois par jour par leurs ravisseurs.

Un cadre de coopération sécuritaire renforcée avec Washington

La question de la violence au Nigeria occupe une place centrale dans les relations entre Abuja et Washington. Fin 2025, le président américain Donald Trump a accusé les autorités nigérianes de laisser perdurer un « massacre » de chrétiens dans le pays, menaçant d’une intervention militaire et d’une suspension de l’aide américaine. Le gouvernement nigérian a rejeté cette lecture confessionnelle, rappelant que les groupes armés frappent indistinctement musulmans et chrétiens.

La coopération sécuritaire bilatérale s’est poursuivie malgré ces tensions diplomatiques : le 10 septembre 2026, l’US Africa Command a livré du nouveau matériel militaire à l’armée de l’air nigériane, via un avion-cargo C-17, dans le cadre d’un accord de vente d’équipement militaire destiné à soutenir la lutte contre le terrorisme dans la région. Cette livraison intervient alors même que Washington réduit le nombre de ses soldats déployés sur le sol nigérian, en ne conservant que de petites équipes de formateurs et d’analystes du renseignement.

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