À la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, mardi 22 septembre, Donald Trump a consacré une partie de son discours aux efforts diplomatiques américains visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Le président des États-Unis a adressé un message à Vladimir Poutine, avant d’afficher son optimisme sur la possibilité d’un règlement plus rapide que prévu.
Peu avant son intervention, une question lui a été posée sur ce qu’il souhaitait dire au président russe. Trump a répondu : « Mettez fin à la guerre. » Le dirigeant américain a ensuite développé devant les Nations unies sa lecture des discussions concernant l’Ukraine.
Trump prévoit une issue plus rapide que prévu
Le président américain a affirmé que son administration travaillait étroitement avec les dirigeants russe et ukrainien pour parvenir à un règlement. Il n’a toutefois donné aucun calendrier et n’a annoncé aucun compromis entre les deux parties. Trump s’est montré confiant sur la durée nécessaire pour obtenir une avancée. « Cela va arriver, je pense, plus rapidement que les gens ne le comprennent », a-t-il déclaré selon Reuters.
La question ukrainienne occupe également les rencontres organisées en marge de l’Assemblée générale. Trump et Volodymyr Zelensky se sont retrouvés mardi à New York pour discuter d’une solution à la guerre. Le président ukrainien cherche également à obtenir des systèmes de défense aérienne Patriot et défend l’idée d’une trêve sur les frappes visant les infrastructures énergétiques.
Cette piste avait été évoquée la veille par Emmanuel Macron lors d’un échange avec Trump. Le président français avait indiqué avoir discuté d’un possible moratoire entre la Russie et l’Ukraine sur les attaques liées au secteur énergétique, ainsi que du renforcement des capacités de défense ukrainiennes.
Une relation Trump-Poutine scrutée depuis plusieurs années
Les rapports entre les deux présidents font l’objet de débats aux États-Unis et en Europe depuis le premier mandat de Trump. Le dirigeant américain a régulièrement affirmé bien s’entendre avec son homologue russe et a plusieurs fois tenu des propos positifs à son sujet. Poutine a, de son côté, décrit leur relation comme pragmatique et fondée sur la confiance. Cette proximité affichée a nourri les critiques de responsables politiques et de commentateurs qui ont accusé Trump d’adopter une attitude trop conciliante envers Moscou, une appréciation que le président américain conteste.
L’un des épisodes les plus commentés remonte à juillet 2018, lors de leur sommet à Helsinki, en Finlande. Face à la presse, Trump avait accordé du crédit au démenti de Poutine concernant l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, alors que les agences de renseignement américaines avaient conclu à une intervention de Moscou. Ses déclarations avaient provoqué de nombreuses critiques aux États-Unis et il avait rectifié ses propos le lendemain. L’enquête conduite par le procureur spécial Robert Mueller a ensuite établi une ingérence russe dans l’élection, sans établir de conspiration ou de coordination entre la campagne de Trump et la Russie.
Cette relation personnelle n’exclut pas les désaccords et les mesures de pression américaines contre Moscou. Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Trump a aussi publiquement critiqué Poutine à plusieurs reprises sur la conduite de la guerre. Les relations de Washington avec ses alliés européens sur la Russie et la sécurité du continent restent elles aussi débattues, plusieurs responsables européens s’interrogeant sur la politique américaine à long terme.
Aucun accord annoncé entre Moscou et Kiev
Malgré la prédiction formulée à l’ONU, aucune annonce conjointe de Moscou et de Kyiv ne fait état d’un accord de paix imminent. Les combats se poursuivent et plusieurs questions restent en discussion, dont les conditions d’un éventuel cessez-le-feu et les garanties de sécurité réclamées par l’Ukraine.
Trump présente néanmoins les démarches diplomatiques en cours comme susceptibles d’aboutir plus rapidement qu’attendu. Les échanges avec Zelensky à New York et les prochains contacts entre responsables américains et russes permettront de déterminer si cette confiance s’accompagne de nouvelles propositions acceptables pour les deux parties.



