Investissement au Maroc : l’avertissement indirect de l’administration Trump à Rabat

Un rapport du Département d’État américain relève l’absence au Maroc de mécanisme de filtrage des investissements étrangers dans plusieurs secteurs stratégiques dont les minerais critiques et les terres rares.

Le Département d’État américain pointe une particularité du dispositif marocain d’investissement. Le royaume ne dispose pas, selon son analyse, de procédure spécifique permettant d’examiner les investissements étrangers dans certaines industries considérées comme critiques : les minerais critiques, les terres rares, les télécommunications et les énergies renouvelables.

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Le rapport ne reproche toutefois pas au Maroc d’avoir refusé ou favorisé certains investisseurs. La mission américaine affirme même ne pas avoir connaissance de cas dans lesquels Rabat aurait écarté un investisseur étranger pour des raisons de sécurité nationale, économiques ou de politique nationale. Le dispositif marocain repose plutôt sur des restrictions sectorielles. Le Maroc applique néanmoins certaines restrictions. Les investisseurs étrangers sont notamment limités à 49 % du capital dans le transport aérien et maritime ainsi que dans la pêche maritime. Pour les activités minières concernées, l’ONHYM doit détenir 25 % des permis de recherche ou des autorisations d’exploitation.

Les minerais au cœur du rapprochement

Washington accorde justement une place croissante aux minerais critiques dans sa politique économique. En janvier 2026, l’administration de Donald Trump a lancé des négociations sur les importations de minerais critiques transformés. Les États-Unis cherchent ainsi à réduire leur dépendance et à sécuriser leurs approvisionnements.

Le sujet est d’autant plus sensible que Washington et Rabat discutent eux-mêmes de projets liés aux ressources minières. Le 5 mai 2026, la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a reçu l’ambassadeur américain à Rabat, Richard Duke Buchan III. Les discussions ont notamment porté sur les ressources minières, le gaz naturel et les infrastructures électriques, avec l’objectif d’accompagner des projets structurants et de renforcer l’attractivité du royaume.

Le sujet est d’autant plus sensible que le Maroc veut renforcer l’exploitation de ses ressources minières et attirer de nouveaux investissements. Or, Washington cherche de son côté à mieux sécuriser l’accès aux minerais indispensables à son industrie. Le rapport américain souligne précisément que plusieurs de ces secteurs peuvent accueillir des investissements étrangers sans véritable examen préalable au regard de leur caractère stratégique.

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