La Russie discute avec des pays africains de la production conjointe d'armements aériens

Des industriels russes négocient actuellement avec plusieurs gouvernements africains la fabrication locale d’équipements militaires aéronautiques. L’annonce a été faite le 7 septembre par Alexander Mikheyev, directeur général de l’exportateur d’armement public Rosoboronexport, à l’agence de presse russe TASS, à la veille de l’ouverture du salon aéronautique international El Alamein en Égypte.

Une coopération technologique sur les moteurs et l’armement

Selon Mikheyev, cité par TASS, son entreprise collabore avec plusieurs pays africains afin de développer, avec eux, la fabrication d’armements aériens et de moteurs d’avions conçus en Russie. Le dirigeant a précisé que Rosoboronexport reste ouvert à des discussions sur l’implantation, chez ses clients, de sites de production d’équipements aéronautiques récents. Aucun pays n’a été nommé dans cette déclaration.

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L’annonce a été faite en amont du El Alamein International Airshow 2026, qui se tient du 8 au 10 septembre à l’aéroport international d’El Alamein, sur la côte méditerranéenne égyptienne. La première édition de ce salon, organisée en 2024, avait réuni environ 200 exposants et 10 000 visiteurs.

Le continent africain, marché prioritaire pour l’industrie russe

Rosoboronexport comptait, en mai dernier, quarante-six pays africains parmi ses partenaires liés par des accords intergouvernementaux de coopération militaro-technique. L’entreprise évaluait alors la part du continent dans son carnet de commandes à 30%, pour des projets de coopération technologique estimés à plus de 1,7 milliard de dollars.

Cette présence remonte à l’époque soviétique, lorsque l’URSS armait les mouvements de libération et les gouvernements alliés du continent. Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) situe la part russe des importations d’armes africaines à environ 40% sur la période 2018-2022.

L’Algérie, principal client militaire russe du continent

Sans être mentionnée par Mikheyev, l’Algérie reste identifiée par plusieurs analystes comme le principal acheteur d’armement russe en Afrique. Le pays exploiterait déjà les premiers chasseurs furtifs Su-57E de cinquième génération exportés par Moscou, ainsi que des Su-35 acheminés par cargo puis assemblés sur son territoire. Une flotte de Su-30MKA complète cet arsenal d’origine russe.

Le contrat portant sur les Su-57E avait été signé en 2021, avec des livraisons prévues jusqu’en 2027. Le site Mondafrique évoquait, en citant Defense News, un peu plus de 160 vols militaires russes à destination de l’Algérie entre mars 2025 et avril 2026 — un rythme jugé comparable à celui observé pour le soutien logistique russe en Ukraine.

L’aviation, principal poste d’achat des pays africains

Lors du sommet Russie-Afrique de Sotchi en 2019, Rosoboronexport indiquait qu’environ 80% des achats militaires africains auprès de la Russie concernaient déjà l’équipement aérien — hélicoptères de combat, avions et systèmes de défense antiaérienne. À la même période, le fabricant Russian Helicopters recensait plus de 900 appareils de sa production en service sur le continent, soit environ un quart du parc régional. Ces chiffres, antérieurs à la guerre, ne reflètent pas nécessairement le poids actuel de l’aviation dans les échanges militaires entre Moscou et l’Afrique.

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