Le Burkina Faso signe trois accords avec le Bénin, le Ghana et le Togo pour le retour des réfugiés

À Lomé, le Burkina Faso, le Bénin, le Ghana et le Togo ont paraphé trois accords destinés à faciliter le rapatriement volontaire de réfugiés originaires du Burkina Faso. Ces signatures marquent la clôture de la deuxième rencontre ministérielle du Dialogue de Lomé consacrée à la sûreté et à la prise en charge des réfugiés, organisée du 9 au 11 septembre 2026 au Togo.

Une région sous forte pression migratoire

Selon les données du HCR datées de janvier 2024, la sous-région Ouest et Centre comptait déjà 13,4 millions de personnes déplacées ou apatrides, parmi lesquelles 2,1 millions de réfugiés et 7,9 millions de déplacés internes. Les pays côtiers — dont le Bénin, le Ghana et le Togo — accueillaient à eux seuls près de 96 000 réfugiés fin janvier 2024. Le premier Dialogue de Lomé, organisé les 21 et 22 mars par le gouvernement togolais en partenariat avec le HCR, avait posé les bases de cette coopération régionale en réunissant les États autour de leurs obligations internationales en matière d’asile. C’est dans la continuité de ce cadre que la réunion de septembre 2026 s’est tenue, sous la conduite d’une délégation burkinabè menée par Bêbgnasgnan Stella Eldine Kabré/Kaboré, déléguée auprès du ministère des Affaires étrangères.

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Le Mali et le Niger associés en tant qu’observateurs

En plus des quatre États signataires, des échanges se poursuivent entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso pour aboutir à un accord comparable associant également le HCR. De leur côté, le Mali et le Niger ont pris part aux travaux en qualité d’observateurs, signe de l’interconnexion grandissante entre les enjeux sahéliens et ceux du golfe de Guinée. Le Mali en est un exemple parlant : début 2026, le pays accueillait plus de 165 000 réfugiés venus du Burkina Faso et du Niger, un nombre qui n’a cessé d’augmenter depuis 2025 d’après les organisations humanitaires présentes sur place. Quant à la Côte d’Ivoire, elle comptait plus de 115 000 demandeurs d’asile originaires du Mali, du Burkina Faso, du Ghana et de la Guinée, selon une déclaration du Conseil national de sécurité ivoirien datant de février 2026.

Un satisfecit du HCR sur l’inclusion des réfugiés

En parallèle de la rencontre, la responsable de la délégation du Burkina Faso a été accueillie par deux figures de haut niveau du HCR : Abou Raouf Gnon-Kondé, à la tête du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et Elisabeth Tann, qui dirige la Division de la Protection internationale et des Solutions durables au siège genevois. Au cours de cette rencontre, les représentants de l’organisation onusienne ont mis en avant les progrès réalisés par Ouagadougou concernant l’intégration socio-économique des réfugiés et des déplacés internes.

Pour rappel, l’agence onusienne avait indiqué en juin dernier que les déplacements forcés dans le monde avaient reculé en 2025 pour la première fois en dix ans, tout en restant à un niveau jugé inacceptable. Ces accords tripartites devraient désormais entrer dans une phase opérationnelle, dont les modalités précises n’ont pas encore été détaillées par les parties signataires.

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