Le Maroc entretient depuis plusieurs années une coopération de défense avec les États-Unis, la France et Israël, en combinant achats d’équipements, formation, exercices militaires, assistance technique et développement industriel. Cette stratégie permet à Rabat de ne pas limiter ses partenariats à l’acquisition d’armes, mais de chercher aussi à renforcer les compétences nécessaires à leur utilisation et à leur maintenance. C’est dans cette logique que les USA viennent d’accorder un nouveau marché d’assistance technique dont le Maroc fait partie des bénéficiaires.
Des partenariats qui vont au-delà des achats militaires
Avec Washington, la coopération porte en particulier sur les avions de combat, la formation et l’accompagnement technique. Les forces marocaines participent aussi à des exercices conjoints avec les forces américaines, tandis que des entreprises de défense américaines sont impliquées dans le soutien des équipements utilisés par le royaume. La France constitue un autre partenaire important. Les deux pays organisent régulièrement des exercices destinés à améliorer la coordination de leurs forces.
En 2026, la frégate marocaine Mohammed VI a ainsi participé au déploiement du groupe aéronaval français autour du porte-avions Charles de Gaulle dans le cadre de l’exercice ORION 26.Israël occupe également une place croissante dans cette politique de coopération, avec des accords portant sur des équipements et des technologies militaires. À ces partenariats s’ajoute une volonté de développer une activité industrielle directement au Maroc. En avril 2026, Pratt & Whitney Canada a inauguré à Casablanca une nouvelle installation destinée à la fabrication de composants pour moteurs aéronautiques. Le groupe prévoit environ 200 emplois sur le site à l’horizon 2030, avec des actions de formation destinées à développer les compétences locales.
Pratt & Whitney chargé de renforcer les compétences marocaines
C’est dans ce contexte que Pratt & Whitney, filiale du groupe RTX, a obtenu le 8 septembre un contrat du département américain de la Guerre pouvant atteindre 19,3 millions de dollars. Le marché doit financer des prestations d’ingénierie et d’assistance technique au profit de plusieurs pays étrangers, dont le Maroc, jusqu’au 15 mars 2029. Le dispositif prévoit l’intervention de personnels de Pratt & Whitney auprès des équipes chargées de l’exploitation et de la maintenance des moteurs concernés. L’objectif est de leur transmettre progressivement les connaissances nécessaires pour assurer ces opérations avec davantage d’autonomie. Le nouveau marché ne signifie toutefois pas que 19,3 millions de dollars seront versés au Maroc. Cette somme représente le plafond global du contrat. Au moment de son attribution, 1,233 million de dollars avait été engagé par l’US Air Force.
Une logique d’autonomie progressive
Pour Rabat, l’intérêt de ce type de coopération dépasse donc le simple soutien à des équipements militaires déjà en service. La formation des équipes locales permet de conserver une partie des compétences techniques dans le pays et de réduire progressivement le recours systématique à une assistance extérieure.
Cette logique apparaît aussi dans d’autres contrats américains. Le dispositif actuel prolonge ainsi une politique marocaine fondée sur plusieurs leviers : acquérir des équipements auprès de partenaires étrangers, former les personnels, développer les capacités de maintenance et attirer progressivement des activités industrielles liées à ces équipements sur le territoire.
