À l’ONU, le Niger accuse la France et l'Ukraine et remercie l’Algérie

Nouvelle accusation des autorités nigériennes ciblant la France et pas qu’elle. À la tribune de l’ONU, le Niger a formulé encore une accusation contre le pays dirigé par Emmanuel Macron. En effet, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a accusé la France de conduire une entreprise de déstabilisation du Sahel avec la « complicité active » de l’Ukraine. Face à cette pression, il a salué le soutien de l’Algérie, notamment dans l’exploitation des ressources du Niger, la défense et plusieurs secteurs de coopération.

La tribune de l’Assemblée générale de l’ONU a servi de cadre à des accusations des autorités nigériennes contre la France et l’Ukraine. Dans la même déclaration, le pays a salué l’aide de son voisin algérien qui l’aide à faire face à cette pression. « Il y a trois années, certains prédisaient l’effondrement du Niger sous le poids des sanctions et de l’isolement. Aujourd’hui, le Niger est debout. Il est debout parce que son peuple a refusé de piller l’échine », a affirmé tout d’abord le Premier ministre nigérien avant de souligner la contribution de l’Algérie.

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« Il (le Niger, ndlr) est debout parce que la République algérienne, démocratique et populaire, pays frère et voisin, a choisi de l’accompagner par un investissement substantiel dans l’exploitation de ses ressources naturelles et par un soutien constant à son système de défense. Avec l’Algérie, nous entreprenons également une coopération dynamique dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’hydraulique et de l’agriculture. À cela s’ajoutent de grands projets structurants comme le gazoduc tripartite et la route transsaharienne. Le Niger est surtout debout parce qu’il a repris possession de son sol, de son sous-sol et de sa parole. »

a martelé le Premier ministre Zeine

Le Niger dénonce une tentative de récolonisation du Sahel

Sur la situation au Sahel, le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine a tenu un discours particulièrement offensif. Il a présenté la crise sécuritaire régionale comme une « guerre » et a fustigé ce qu’il décrit comme une tentative de « récolonisation » du Sahel.

À en croire l’officiel nigérien, le terrorisme ne constitue pas l’explication principale de la situation. Il estime que les violences sont liées à la convoitise des importantes ressources naturelles présentes dans les sous-sols sahéliens. Le premier ministre nigérien Lamine Zeine a directement mis en cause la France, qu’il accuse de conduire une entreprise de déstabilisation du Sahel central, avec, selon ses termes, la « complicité active » de l’Ukraine.

« Ce qui se passe au Sahel n’est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos propres faiblesses. Ce que d’aucuns appellent terrorisme dans notre région est une ingénierie cynique de récolonisation, habillée de zoripos de l’extrémisme, mais dont la motivation réelle se trouve ailleurs, dans la convoitise d’importantes ressources qu’Allah (…) a mis dans nos sous-sols. Cette entreprise perfide de déstabilisation du Sahel central, conduite par la France, avec la complicité active de l’Ukraine, est désormais documentée, très documentée« , a insisté l’officiel nigérien.

Un contexte de tensions avec Paris

Depuis le coup d’État de juillet 2023, les relations entre le Niger et la France ont connu un nouveau tournant. Le pouvoir militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani a dénoncé les accords militaires avec Paris et exigé le retrait des troupes françaises, achevé fin 2023. Le Niger s’est ensuite rapproché du Mali et du Burkina Faso, avec lesquels il a créé l’Alliance des États du Sahel (AES). En janvier 2025, les trois pays ont renforcé leur coopération politique, sécuritaire et économique et se sont retirés de la CEDEAO, avec qui ils maintiennent tout de même les canaux de discussions. Les accusations du Niger à la tribune des Nations Unies interviennent seulement quelques jours après des révélations de la chaîne américaine CNN. Comme nous l’avons rapporté il y a quelques jours, CNN a révélé la présence de spécialistes ukrainiens auprès des rebelles touaregs.

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