Le département d’État américain a placé sous vigilance renforcée l’ensemble de ses ressortissants présents au Moyen-Orient, tout en avertissant que des intérêts américains pourraient être visés partout dans le monde. Selon le communiqué diffusé par le compte officiel TravelGov, l’Iran et les groupes qui le soutiennent pourraient cibler d’autres intérêts américains à l’étranger, y compris des entreprises et institutions liées aux États-Unis.
Cette mise en garde intervient alors que Téhéran continue d’opposer une résistance plus soutenue que prévu depuis le début du conflit, fin février. Les forces iraniennes ont multiplié les tirs de drones et de missiles contre des positions américaines dans plusieurs pays du Golfe, une capacité de riposte que les analystes militaires jugeaient initialement limitée après les premières frappes américaines.
Une alerte qui vise aussi l’Arabie saoudite
Le texte cite en particulier les actions des Houthis, soutenus par l’Iran, contre l’Arabie saoudite, notamment ses infrastructures aéroportuaires civiles. Washington évoque un risque de fermetures d’espace aérien et d’annulations de vols pour les voyageurs américains présents dans la région. Les Américains hors du Moyen-Orient sont invités à reconsidérer sérieusement tout déplacement vers cette zone, tandis que ceux qui transitent par la région doivent surveiller l’évolution du trafic aérien. Le communiqué précise également que des installations diplomatiques américaines, y compris en dehors du Moyen-Orient, ont déjà été prises pour cible par le passé.
Des dégâts américains plus lourds que ce qui avait été communiqué
Un rapport de l’inspecteur général du département de la Défense, rendu public le 15 septembre, a révélé une ampleur des pertes américaines largement supérieure aux estimations initiales de l’administration. Selon ce document, les frappes iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et structures sur les bases américaines situées au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie. Le département d’État a chiffré à environ 184 millions de dollars les dégâts subis par ses installations diplomatiques dans quatre pays, les sites irakiens ayant essuyé plus de 600 attaques.
Le rapport recense également des dizaines d’appareils militaires détruits ou endommagés, dont quatre F-15E, un A-10 et une trentaine de drones MQ-9 Reaper, ainsi que dix-huit militaires américains tués selon le dernier bilan officiel. Le coût total de l’opération, baptisée Operation Epic Fury, atteignait 33,4 milliards de dollars fin juin, un montant qui n’intègre pas les frais de reconstruction des infrastructures endommagées, faute de budget alloué par le Congrès pour cette guerre.
L’ampleur de ces dégâts, restée largement en retrait dans la communication officielle américaine jusqu’à la publication de ce rapport, éclaire d’un jour nouveau la portée de l’alerte sécuritaire diffusée cette semaine par le département d’État.
