Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a exigé des pays arabes qu’ils bloquent tout usage de leur territoire par Washington contre l’Iran. Dans un entretien accordé à Al Jazeera le 19 septembre, il a prévenu que Téhéran frapperait les bases aériennes américaines d’où décolleraient d’éventuels appareils engagés contre son pays.
Un ultimatum adressé aux hôtes de bases américaines
« Les pays arabes doivent empêcher catégoriquement les États-Unis d’utiliser leur territoire pour lancer des opérations contre l’Iran », a déclaré Rezaei, cité par Al Jazeera. Le responsable a ajouté que ces pays devaient se voir rappeler qu’ils n’ont pas le droit de mener des frappes contre Téhéran depuis leurs bases. Rezaei occupe cette fonction depuis le 9 août, succédant à Mohammad Bagher Zolghadr.
Le message vise en particulier les États du Golfe accueillant des installations militaires américaines, à l’image du Qatar, du Bahreïn ou des Émirats arabes unis. Selon un précédent bilan établi début septembre, l’aviation iranienne avait déjà frappé des positions américaines au Koweït, en Jordanie, en Irak, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, en représailles à des bombardements américains ayant fait plusieurs dizaines de morts.
Menace de représailles renforcées
Le responsable iranien a averti que Téhéran répliquerait avec davantage de force en cas de nouvelle guerre, ciblant directement les bases aériennes américaines servant de point de départ aux opérations contre l’Iran. « Nous les frapperons avec une puissance encore plus importante », a-t-il assuré.
Rezaei a par ailleurs indiqué que l’Iran avait transmis, via une médiation qatarie, ses conditions pour mettre fin au conflit avec Washington : arrêt des hostilités sur tous les fronts, déblocage des fonds iraniens gelés et levée du blocus naval. Il a précisé attendre une réponse du président américain Donald Trump, tout en affirmant que Téhéran restait prêt pour une guerre décisive.
Une stratégie militaire recentrée
Rezaei a révélé que la planification militaire iranienne s’était réorientée depuis le retrait américain d’un mémorandum d’entente, avec un accent désormais porté sur les moyens navals américains présents entre le Golfe, le Golfe d’Oman et la mer d’Arabie — les zones situées plus loin, vers l’océan Indien, resteraient hors de portée. Il a également fait état d’un test récent de missile antinavire iranien à proximité d’un porte-avions américain, sans fournir davantage de précisions.
À titre de repère, un accord de cessez-le-feu conclu en juin avait mis un terme temporaire aux hostilités ouvertes entre les deux pays, avant que plusieurs violations ne soient signalées ces dernières semaines autour du détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique pour environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole.



