Nucléaire : l'Iran lie son maintien dans le traité aux actions des États-Unis et d'Israël

L’Iran conditionne désormais son maintien dans le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) au comportement futur de Washington et de Tel-Aviv. Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique, l’a affirmé samedi 19 septembre sur la chaîne qatarie Al Jazeera : Téhéran n’a pas décidé de quitter le texte, mais ne l’exclut plus si les frappes américaines et israéliennes se poursuivent. Cette mise au point survient après plusieurs décennies de rapports de force entre Téhéran, Washington et Israël autour du dossier nucléaire iranien, une rivalité relancée par le conflit armé qui oppose aujourd’hui ces trois acteurs.

Un maintien conditionné au comportement américain

Selon le haut responsable iranien, son pays disposerait de motifs suffisants pour quitter le TNP à la suite des frappes américaines et israéliennes menées contre son territoire, sans avoir pour autant franchi ce cap à ce jour. Rezaei a précisé que la conduite de Washington pourrait pousser Téhéran à se retirer du texte, laissant planer l’incertitude sur la suite. Interrogé par Al Jazeera, il a ajouté que l’Iran demeurait totalement fidèle à l’édit religieux du guide suprême et n’avait pas révisé sa doctrine nucléaire, une allusion à la fatwa proscrivant l’arme atomique attribuée à l’ancien dirigeant Ali Khamenei. Le sort du traité dépendrait donc, selon ses mots, de l’évolution de la politique américaine dans les prochaines semaines.

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Signé par l’Iran en 1968 et ratifié en 1970, le TNP engage les États signataires non dotés de l’arme nucléaire à renoncer à son développement en échange d’un accès garanti aux technologies civiles. Un retrait de Téhéran romprait un engagement vieux de plus de cinquante ans et priverait l’Agence internationale de l’énergie atomique de tout mécanisme de contrôle sur les sites iraniens.

Des conditions transmises à Washington via le Qatar

Dans le même entretien, Rezaei a indiqué que Téhéran avait fait parvenir à Washington, par l’intermédiaire de médiateurs qataris et pakistanais, une liste de conditions pour mettre fin à la guerre en cours, et que le pays attendait désormais une réponse du président américain Donald Trump. Ces exigences porteraient sur trois axes : l’arrêt des combats sur l’ensemble des fronts, le dégel des avoirs iraniens bloqués à l’étranger, et la levée du blocus naval américain visant les ports du pays. Aucune date n’a été précisée quant à la transmission de ces demandes, et les précédentes tentatives de négociation entre les deux pays s’étaient déjà soldées par un échec.

Une rivalité alimentée par la guerre en cours

Le programme nucléaire iranien fait l’objet de tensions avec les États-Unis et Israël depuis le début des années 1990, période à laquelle l’État hébreu a commencé à considérer les avancées de Téhéran dans ce domaine comme une menace existentielle. Des cycles de sanctions, de négociations et de sabotages se sont succédé pendant plus de trente ans, jusqu’à la rupture ouverte de juin 2025, marquée par des frappes israéliennes puis américaines sur les sites de Fordo, Natanz et Ispahan. L’offensive lancée fin février 2026 a porté ce face-à-face à un niveau inédit, en visant directement la chaîne de commandement iranienne.

La déclaration de Mohsen Rezaei intervient alors que les capacités nucléaires réelles de l’Iran, après des mois de bombardements, restent difficiles à évaluer faute d’inspections indépendantes sur le terrain. La position exprimée samedi laisse à Téhéran une marge de manœuvre diplomatique, tout en maintenant la pression sur ses adversaires occidentaux et israélien, à un moment où plusieurs puissances européennes conditionnent toute levée de sanctions à un changement de comportement iranien.

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