Le Mali a arrêté à 4 462,646 milliards de francs CFA ses dépenses prévues pour 2027. Malgré cette hausse de 11,75 % par rapport au budget rectifié de 2026, le déficit prévisionnel devrait diminuer grâce à une progression plus rapide des recettes.
Le projet de loi de finances pour 2027 a été adopté le vendredi 18 septembre 2026 par le Conseil des ministres. Les recettes attendues atteindraient 3 866,635 milliards de francs CFA, soit 493,740 milliards de plus que dans la loi de finances rectificative de 2026. Leur progression serait ainsi de 14,64 %, contre 11,75 % pour les dépenses.
Cette différence de rythme réduit mécaniquement le besoin de financement. Le déficit prévisionnel passerait de 620,425 milliards de francs CFA en 2026 à 596,011 milliards en 2027. La baisse atteint 24,414 milliards, soit 3,93 %. Les recettes couvriraient ainsi environ 86,6 % des dépenses prévues.
Les dépenses avaient déjà fortement augmenté en 2026
La trajectoire budgétaire de 2027 intervient après une importante révision des crédits de l’exercice en cours. Adoptée en juillet, la loi de finances rectificative avait porté les dépenses de 3 578,217 milliards à 3 993,319 milliards de francs CFA, soit une hausse de 415,103 milliards ou 11,60 % par rapport au budget initial.
Cette révision avait également relevé les recettes de 3 057,792 milliards à 3 372,895 milliards de francs CFA. Le gouvernement avait alors expliqué que les ajustements de dépenses comprenaient un renforcement des crédits consacrés aux opérations de sécurisation du territoire, une subvention exceptionnelle à la Compagnie malienne pour le développement des textiles et de nouvelles dépenses liées aux comptes spéciaux du Trésor.
Pour 2027, la hausse des dépenses serait donc légèrement supérieure en valeur absolue à celle enregistrée lors de la révision de 2026 : 469,326 milliards de francs CFA supplémentaires, contre 415,103 milliards un an plus tôt. La différence est toutefois que les recettes progresseraient cette fois davantage que les dépenses.
Près de 494 milliards de recettes supplémentaires attendus
Le principal enjeu du nouveau budget réside dans la capacité de l’État à mobiliser les 493,740 milliards de francs CFA de recettes supplémentaires prévus sur un an. Le projet adopté le 18 septembre ne détaille pas encore les mesures permettant d’atteindre ce niveau.
Le cadrage économique présenté quelques mois avant le projet de loi de finances prévoyait une croissance réelle moyenne de 6,5 % sur la période 2027-2029. Il fixait aussi une pression fiscale de 13,9 % en 2027, avec une progression programmée jusqu’à 15,1 % en 2029.
Les données détaillées du projet de loi devront préciser la répartition des crédits entre les différents secteurs publics. Le ministère de l’Économie et des Finances ne répertorie pour l’instant, dans sa rubrique consacrée aux lois de finances, que le projet de loi de finances rectificative 2026 et les documents budgétaires antérieurs.
Le projet de loi de finances 2027 doit désormais poursuivre son parcours législatif devant le Conseil national de transition. Les annexes budgétaires permettront de connaître les montants affectés à la défense, à la santé, à l’éducation, aux infrastructures et aux autres postes de dépenses.



