Les Marines américains ont conduit du 18 juin au 2 juillet 2026 une opération reliant l’Australie à Hawaï avec des F-35B et des KC-130J. Le dispositif a porté sur plusieurs milliers de kilomètres et visait à maintenir des avions de combat opérationnels depuis des sites dépourvus d’infrastructures importantes.
L’opération Slingshot a été menée entre la base aérienne de Tindal, en Australie, et Hawaï, avec plusieurs étapes dans le Pacifique. Selon le Corps des Marines, la 3rd Marine Aircraft Wing voulait vérifier sa capacité à déployer rapidement des avions de combat de cinquième génération depuis des aérodromes austères, avec ses propres moyens et ceux de partenaires.
Un dispositif logistique avancé
Le KC-130J occupe une place centrale dans cette organisation. Selon un article publié le 22 septembre par le site officiel DVIDS, l’appareil a suivi une route passant par Cairns, Pohnpei, l’atoll de Kwajalein et Wake Island, avant d’atteindre Hawaï. Il transportait des mécaniciens, du matériel de maintenance et du carburant destinés à soutenir les F-35B.
Les Marines ont également utilisé la capacité dite Aviation-Delivered Ground Refueling, qui permet de mettre en place des moyens de ravitaillement sur des terrains ne disposant pas d’une infrastructure permanente. Le KC-130J peut ainsi servir temporairement de point logistique avancé pour les avions de combat.
Le lieutenant Christian Schwien, copilote d’un KC-130J, a décrit l’appareil comme « le cheval de bataille en arrière-plan », chargé d’acheminer les personnels, les équipements de maintenance et le carburant nécessaires aux F-35B.
La distance d’environ 7 400 kilomètres associée à Slingshot doit donc être comprise comme celle du dispositif et du déplacement logistique dans le Pacifique, et non comme l’autonomie d’un F-35B parcourant cette distance sans escale.
Une compétition militaire qui s’étend dans le Pacifique
Cette opération intervient alors que les États-Unis et la Chine développent leurs capacités militaires dans une zone qui dépasse désormais largement les abords immédiats de Taïwan.
Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), les porte-avions chinois Liaoning et Shandong ont été repérés au-delà de la première chaîne d’îles pendant un total de 58 jours en 2025, contre 32 jours en 2024. Les deux bâtiments auraient également effectué environ 1 680 sorties d’avions et d’hélicoptères dans le Pacifique occidental en 2025, contre 1 240 l’année précédente.
En juin 2025, les deux porte-avions ont même opéré simultanément au-delà de cette première chaîne d’îles, une première pour la marine chinoise selon le CSIS. Pékin développe ainsi une capacité à maintenir des forces navales plus longtemps et plus loin de ses côtes.
Pour Washington, la dispersion des moyens aériens constitue l’une des réponses envisagées face à un environnement où les grandes bases pourraient être exposées à des frappes de longue portée. Slingshot cherche précisément à vérifier qu’une partie de la puissance aérienne américaine peut continuer à fonctionner depuis des terrains secondaires.
La rivalité entre les deux puissances ne se limite donc plus aux grands porte-avions ou à la question de Taïwan. Elle concerne aussi la capacité à déployer, ravitailler, réparer et maintenir des forces militaires sur de longues distances dans le Pacifique.



