Iran : la Chine a livré 1 300 cargaisons militaires en six mois malgré les sanctions américaines

Le ministère de la Défense iranien a reçu environ 1 300 chargements aériens de composants chinois à double usage entre janvier et juin 2026. C’est ce que révèle une enquête du Wall Street Journal publiée jeudi 24 septembre, fondée sur des données douanières iraniennes consultées par le quotidien américain.

Ces envois comprenaient des équipements GPS, des moteurs électriques et des pièces de moteurs d’aéronefs, susceptibles d’entrer dans la fabrication de drones et de systèmes de guidage de missiles. Selon le journal, une grande partie de ces cargaisons portait une mention renvoyant à l’article 119 de la réglementation douanière iranienne, qui accorde une exemption tarifaire pour les importations à usage militaire.

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Un chargement arrivé le jour même d’une trêve

L’un de ces vols aurait atterri à Téhéran le 17 juin, jour où Washington et l’Iran s’accordaient sur une trêve temporaire de soixante jours, alors même que Pékin revendiquait publiquement un rôle de médiateur dans les négociations. Deux jours plus tard, une quinzaine de cargaisons supplémentaires, représentant plus de six millions de dollars de pièces utilisables pour des drones, seraient arrivées sur le sol iranien, selon les mêmes données douanières.

Le Wall Street Journal précise que ce flux logistique s’est intensifié après les restrictions imposées par la marine américaine au trafic maritime iranien, poussant Téhéran à privilégier la voie aérienne pour ses approvisionnements militaires.

Des vagues de sanctions américaines

Depuis le déclenchement du conflit israélo-américain contre l’Iran fin février 2026, Washington a multiplié les trains de sanctions contre des entités chinoises. Le 9 mai, le Trésor et le Département d’État avaient visé neuf sociétés et individus de Chine continentale et de Hong Kong, accusés d’avoir aidé l’armée iranienne à se procurer des armes et des matériaux pour ses missiles balistiques, aux côtés de trois entreprises soupçonnées d’avoir fourni des images satellite d’installations américaines. Fin août, une opération baptisée « Economic D-Day » avait élargi la liste à près de soixante entités à travers le monde, dont une douzaine basées à Hong Kong ou en Chine continentale, ciblant notamment le transport de pétrole iranien.

Malgré ce volume de sanctions, aucune grande entreprise chinoise n’a jusqu’ici été directement visée, un choix que plusieurs responsables américains justifient par la volonté de préserver la relation avec Pékin. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a reconnu devant des élus que la Chine soutenait l’Iran « à différents niveaux », tandis que le président Donald Trump a affirmé faire confiance aux assurances de son homologue chinois selon lesquelles Pékin ne fournirait pas d’armes à Téhéran.

Une situation diplomatique tendue

Cette publication intervient alors que Xi Jinping se trouve à Washington pour un sommet avec Donald Trump portant notamment sur le commerce, la sécurité de l’intelligence artificielle et Taïwan. Pour mémoire, les États-Unis sanctionnent des entreprises chinoises pour leur soutien au programme balistique iranien depuis plus d’une décennie : dès 2014, le Trésor américain avait ciblé la société Sinotech Dalian Carbon and Graphite Manufacturing Corporation pour avoir aidé Téhéran à acquérir des pièces destinées à ses missiles. Les autorités iraniennes n’ont pas répondu aux sollicitations du Wall Street Journal.

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