La Chine teste une centrale solaire sous-marine, une première mondiale

La Chine a testé en mer un système photovoltaïque capable de produire de l’électricité à 10 mètres de profondeur, lors d’une expérimentation menée par des chercheurs de l’Université du Yunnan et publiée le 11 septembre 2026 dans la revue Joule rapporte The South China Morning Post. Le dispositif à base de pérovskite a permis de charger des batteries lithium-ion et d’alimenter une LED pendant les essais en mer.

Une technologie adaptée à la lumière sous-marine

L’expérience s’est déroulée au large des îles de Weizhou, dans la mer de Chine méridionale. Les chercheurs ont utilisé des cellules photovoltaïques à pérovskite à large bande interdite, conçues pour exploiter la lumière qui demeure disponible sous la surface. À 10 mètres, les modules ont produit 324 mWh en deux heures.

Cette adaptation répond à une difficulté physique importante : l’eau absorbe une partie du rayonnement solaire au fur et à mesure que la profondeur augmente. Le spectre disponible sous l’eau se rétrécit également, ce qui pénalise les technologies photovoltaïques classiques.

Une étude publiée en 2025 dans Renewable Energy permet de mesurer cette difficulté. Des cellules en silicium monocristallin et polycristallin testées à seulement 20 centimètres sous l’eau ont enregistré des baisses d’efficacité respectives de 43 % et 56 % par rapport aux mesures réalisées à la surface.

Les cellules à pérovskite changent la donne

L’équipe chinoise a ajusté les propriétés optiques des cellules pour exploiter davantage la lumière disponible sous l’eau. Dans des conditions simulant un éclairage correspondant à 10 mètres de profondeur, le rendement de conversion atteint 34,71 % lors des essais en laboratoire.

Les chercheurs ont aussi évalué la stabilité de cette technologie. Après 1 160 heures sous un éclairage simulant les conditions observées à 10 mètres, les cellules ont présenté une dégradation très limitée. Un autre essai réalisé après 300 jours de stockage sous azote leur a permis de conserver environ 96 % de leur efficacité initiale.

Ces résultats restent distincts de l’essai en mer : l’estimation d’une durée de fonctionnement d’environ 5,5 ans à 10 mètres provient des tests accélérés de vieillissement réalisés en laboratoire, et non d’une exploitation réelle pendant cinq ans et demi.

Des applications pour les équipements sous-marins

L’intérêt envisagé par les chercheurs concerne surtout les équipements qui doivent fonctionner sous l’eau pendant de longues périodes. La technologie pourrait servir à alimenter des capteurs, caméras, systèmes de communication ou robots sous-marins, en réduisant leur dépendance à une alimentation depuis la surface.

L’étude chinoise ne constitue pas pour autant la preuve qu’une grande centrale électrique sous-marine peut déjà être déployée. Les chercheurs prévoient de tester leurs cellules à des profondeurs supérieures et de déterminer jusqu’où elles peuvent continuer à produire de l’électricité dans des conditions marines réelles.

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