Pétrole : au Niger, l’Algérie au cœur du pari des 2,5 milliards de barils de Kafra

Le 9 septembre 2026, le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a fait le point sur l’avancement du projet de Kafra, dans le nord du Niger, lors d’un point de presse consacré aux activités pétrolières du pays. Ses déclarations apportent de nouveaux éléments sur le potentiel de ce bloc exploré avec le groupe algérien Sonatrach.

Le chiffre annoncé par le ministre attire l’attention : une étude prospective réalisée en 2023 estime à environ 2,5 milliards de barils les ressources potentielles de la partie nord de Kafra. Ce volume n’est toutefois pas encore assimilable à des réserves prouvées. Les autorités nigériennes prévoient une nouvelle campagne de quatre forages pour préciser la réalité géologique et les possibilités de développement du bloc.

Une estimation qui doit encore être vérifiée

Selon Hamadou Tini, les données disponibles doivent être distinguées selon leur niveau de certitude. Les réserves 2P associées aux découvertes réalisées en 2018 étaient évaluées à environ 255 millions de barils. L’étude prospective menée en 2023 a porté cette estimation potentielle à un niveau beaucoup plus élevé pour la partie nord du permis.

Le ministre a insisté sur le caractère encore exploratoire de ces données. Les 2,5 milliards de barils correspondent à des ressources prospectives : elles restent soumises aux incertitudes géologiques et aux risques propres aux opérations d’exploration.

Kafra dispose aussi d’autres ressources identifiées. Un réservoir distinct d’huile lourde est évalué à près de 168 millions de barils, sous réserve des études complémentaires de caractérisation et de faisabilité. Le bloc présente également un potentiel d’huile paraffinique susceptible d’intéresser certaines activités industrielles.

L’Algérie engagée dans l’exploration

La présence algérienne à Kafra ne commence pas avec l’annonce du 9 septembre. Sonatrach, à travers sa filiale SIPEX, travaille sur le permis depuis 2005. Le groupe algérien a réalisé des opérations de sismique avant deux premiers forages d’exploration effectués en 2018 et 2019.

Un contrat de partage de production lie l’État nigérien à Sonatrach via SIPEX. Le bloc s’étend sur environ 11 467 km² entre Iférouane et Bilma, dans le nord du pays, près de la frontière algérienne.

Les recherches pétrolières dans cette zone sont cependant antérieures à l’intervention de Sonatrach. Des forages avaient déjà été réalisés à Séguédine en 1974 et à Tiffa en 1975.

Quatre nouveaux puits avant une éventuelle production

La nouvelle phase d’exploration prévoit quatre puits sur deux ans. La campagne doit permettre de compléter les données disponibles, de caractériser plus précisément les réservoirs et de vérifier leur productivité.

Aucune date ferme n’est donc annoncée pour le premier baril. Hamadou Tini a expliqué que la production dépendrait des résultats des forages, des volumes confirmés, de la productivité des réservoirs, des infrastructures nécessaires et du financement.

« Une mauvaise décision prise très tôt peut coûter beaucoup plus cher qu’une bonne décision prise au bon moment », a déclaré le ministre, en défendant une progression rapide mais fondée sur les résultats techniques.

Les prochains forages seront ainsi déterminants pour savoir quelle part du potentiel prospectif annoncé pourra être confirmée et, à terme, envisagée dans un projet de production.

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