Sénégal : DPG après un accord FMI, le gouvernement de Lô va-t-il tomber ?

Le Premier ministre Ahmadou Alamine Lô affrontera l’Assemblée nationale le 8 septembre à 10h pour sa déclaration de politique générale, dans un climat de pression sur son gouvernement. La date a été fixée ce mardi par la Conférence des présidents, mais reste conditionnelle : le président de la République dispose encore de huit jours pour la modifier.

Une DPG sous la menace d’une censure

L’exercice se tiendra devant des députés du parti Pastef largement majoritaires dans l’hémicycle. En mai, la députée Marie Elène Diouf, du groupe Pastef, avait posé une ligne rouge : « L’Assemblée votera une motion de censure afin de renverser le gouvernement » si un Premier ministre autre qu’Ousmane Sonko venait à se présenter devant les députés.

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Concrètement, ce mécanisme permet aux parlementaires de forcer le départ du gouvernement sans attendre de nouvelles élections, dès lors qu’un dixième des députés appuie la démarche par leur signature. Le texte doit ensuite être examiné et voté en séance plénière pour produire ses effets.

Le risque tient aussi au dossier de la dette. Sonko avait prévenu, en quittant la primature, que les députés ne laisseraient pas le gouvernement engager le pays dans une restructuration sans leur aval, et qu’ils déposeraient une motion de censure si les acquis obtenus sur ce dossier étaient remis en cause.

Un accord FMI qui ravive la tension

Cette échéance parlementaire intervient au lendemain d’un accord technique entre Dakar et le Fonds monétaire international, annoncé le même jour. Le programme de 2,2 milliards de dollars, négocié à l’issue d’une mission de deux semaines conduite par Mercedes Vera Martin, reste soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI et à la mise en œuvre de mesures correctrices. « Cet accord nécessite des mesures correctives résolues pour appuyer la demande de dérogation des autorités« , a précisé la cheffe de mission, citée par plusieurs médias sénégalais.

Le gouvernement qualifie ce mécanisme de plan de traitement de la dette, écartant le terme de restructuration. La manière dont Lô présentera ce dossier lors de sa DPG sera scrutée de près, alors que le maintien des acquis sur la dette a été posé comme condition explicite pour éviter la censure.

Un verrou constitutionnel qui change la donne

Une commission parlementaire a adopté mi-2026 un amendement plafonnant à deux le nombre de motions de censure autorisées par an, avec le soutien des députés du parti au pouvoir.

Sur les cinq motions déposées depuis l’indépendance du pays en 1960, les parlementaires n’en ont fait aboutir qu’une, en 1962, un épisode resté dans les mémoires pour la crise politique qu’il avait déclenchée. Aucune procédure de ce type n’a été engagée contre le gouvernement Lô à ce jour, mais la DPG du 8 septembre sera le premier test grandeur nature.

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