AES : après le retrait de la CPI, une autre voie judiciaire à l’étude

Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, justifie le retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Cour pénale internationale par leur rejet de ce qu’il qualifie de justice sélective. Il évoque également des réflexions sur la création d’instances judiciaires confédérales.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent défendre une autre approche de la justice après leur décision de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Dans un entretien accordé à Sputnik Afrique, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo, a expliqué les raisons de ce choix et évoqué les pistes envisagées par la Confédération.

« Nous ne voulons plus être complices de cette justice sélective, cette justice à double vitesse qui trie évidemment ses cibles, si je peux le dire ainsi », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement burkinabè estime que la CPI a historiquement concentré ses poursuites sur les Africains, tout en négligeant, selon lui, des crimes plus importants commis ailleurs dans le monde.

« Mais quitter le statut du Rome ne veut pas dire renoncer à la justice. Alors nous avons foi en nos mécanismes internes de justice », a-t-il affirmé. Il a ensuite évoqué des réflexions en cours au niveau confédéral pour renforcer les dispositifs existants.

« Et au-delà de nos mécanismes internes au niveau de la Confédération des Nations Unies, il y a des réflexions en cours pour mettre en place des instances confédérales qui vont consolider évidemment les dispositifs que nous avons aujourd’hui pour administrer la justice. »

Un retrait dont l’effet reste à venir

Cette orientation s’inscrit dans une démarche engagée par les trois pays sahéliens. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement notifié leur retrait du Statut de Rome au Secrétaire général des Nations unies entre le 18 et le 24 juin 2026. Selon le calendrier prévu, ces retraits prendront effet un an après chaque notification, en juin 2027.

Laisser un commentaire