AICESIS: à Madrid, Abdoulaye Bio Tchané met l’accent sur la place des territoires dans la transition juste

Réunis à Madrid, en Espagne, ce jeudi 29 octobre 2026, les responsables des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires ont échangé sur les moyens de renforcer la justice sociale face aux transformations économiques et écologiques. À cette occasion, le président du Conseil économique et social (CES) du Bénin, Abdoulaye BIO TCHANE, a présenté les réformes de l’institution béninoise et exposé plusieurs pistes de coopération, notamment autour de la décentralisation, du dialogue social et des réalités territoriales.

Le dialogue social et la justice sociale ont occupé une place importante dans les discussions de l’Assemblée générale de l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS). Placée sous le thème « Construire des passerelles pour une transition juste et une justice sociale mondiale », la rencontre a réuni des délégations de plusieurs régions du monde autour du rôle des institutions consultatives dans la construction de politiques publiques plus inclusives.

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À la tête de la délégation béninoise, Abdoulaye BIO TCHANE a présenté les évolutions intervenues au sein du CES en 2024 et 2025, en revenant sur les missions et les attributions de l’institution. Il a également exposé les attentes du Bénin à l’égard de l’AICESIS, avec l’ambition de renforcer les échanges d’expériences et la coopération entre les institutions membres.

Le dialogue avec les territoires au cœur des priorités

Parmi les pistes avancées par le président du CES figure le développement des échanges de bonnes pratiques sur les relations entre les Conseils économiques et sociaux et les Parlements. La décentralisation, le dialogue social et la médiation institutionnelle font également partie des domaines dans lesquels il souhaite voir se renforcer la coopération entre les institutions membres.

Abdoulaye BIO TCHANE a aussi proposé d’accorder davantage de place au dialogue au niveau des territoires et à l’éducation à la citoyenneté. Ces deux axes visent à favoriser la participation des populations à la vie publique et à rapprocher les institutions des citoyens. Ils s’inscrivent dans une approche qui accorde une place importante aux réalités locales dans les réflexions sur les politiques publiques.

Le président du CES a, par ailleurs, réaffirmé la disponibilité du Bénin à contribuer aux travaux des groupes de travail de l’AICESIS consacrés aux relations avec l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC). Cette participation doit permettre à l’institution béninoise de partager son expérience et de prendre part aux réflexions menées à l’échelle internationale.

Transition juste : tenir compte des populations les plus vulnérables

La transition juste a constitué un autre axe important des échanges. La transformation écologique et la sortie progressive des énergies fossiles soulèvent des enjeux qui dépassent la seule préservation de l’environnement. Elles concernent également l’emploi, les revenus et les conditions de vie des populations.

Dans cette perspective, Abdoulaye BIO TCHANE a souligné l’importance d’intégrer les exigences d’équité et de justice sociale aux réflexions sur la transition écologique. Celle-ci soulève notamment la question de la protection des populations vulnérables, des travailleurs pauvres et des territoires fragiles, qui pourraient subir plus fortement les conséquences économiques et sociales des changements engagés. L’enjeu est donc de veiller à ce que les efforts liés à cette transformation soient répartis de manière équitable.

Le président du CES a également insisté sur la dimension territoriale de cette transition. Les réalités vécues au niveau local doivent, selon l’approche défendue, être davantage intégrées aux réflexions et aux décisions. Cette orientation souligne l’importance de tenir compte des situations propres aux territoires dans la recherche de solutions adaptées aux populations.

Par ailleurs, Abdoulaye BIO TCHANE a plaidé pour une meilleure représentation des expériences et des préoccupations des Conseils économiques et sociaux africains dans les travaux de l’AICESIS. Le CES du Bénin entend contribuer à cet effort, notamment par la transmission prochaine d’observations écrites sur le rapport consacré au thème central de l’Assemblée générale.

À Madrid, la délégation béninoise a ainsi porté plusieurs sujets de coopération, allant du dialogue social à la décentralisation, en passant par la justice sociale et la transition écologique. La démarche du CES vise à faire valoir l’expérience du Bénin tout en participant aux échanges internationaux sur le rôle des institutions consultatives dans la prise en compte des préoccupations des citoyens.

AICESIS : un réseau international au service du dialogue social

Créée en juillet 1999 à Port-Louis, à l’île Maurice, l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS) rassemble des institutions consultatives de différentes régions du monde. Elle favorise la coopération entre ses membres, le partage d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques en matière de dialogue social. Elle contribue également à promouvoir la participation des partenaires sociaux et de la société civile à l’élaboration des politiques publiques et accompagne les pays qui souhaitent se doter d’un Conseil économique et social.

L’association regroupe, selon les informations du texte de référence, des institutions de 72 pays répartis en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie et en Europe. Son siège est situé à Bruxelles, en Belgique.

Pour le Bénin, l’AICESIS constitue un cadre permettant de partager les expériences nationales, de valoriser les réformes engagées au sein du CES, de renforcer les capacités des conseillers et du personnel et de faire entendre la voix du pays dans les réflexions internationales sur le développement économique, le dialogue social et la participation citoyenne.

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