Après les États-Unis, l'Allemagne frappe à la porte du Niger : que cherchent les Occidentaux à Niamey ?

Isabel Hénin, Représentante spéciale de l’Allemagne pour le Sahel, a été reçue jeudi 8 octobre 2026 à Niamey, par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. La responsable poursuit le dialogue avec les autorités nigériennes, quelques mois après les démarches de Washington auprès des mêmes interlocuteurs. En effet, avec deux capitales occidentales en un an, c’est une séquence qui dépasse le simple protocole.

À l’issue de la rencontre, la diplomate a décrit un entretien « franc et amical », destiné à « affirmer l’engagement de l’Allemagne au Niger ». Elle a aussi évoqué « une coopération qu’on souhaite amener dans un esprit de partenariat ». Aucun projet n’a été annoncés, mais l’aide allemande actuelle couvre plusieurs domaines dont l’agriculture, les infrastructures, la décentralisation, la paix et la cohésion sociale.

Même si les déclarations restent vagues, le calendrier donne des pistes. En effet, l’Allemagne a quitté la base aérienne de Niamey en août 2024, elle n’a donc plus aucun soldat dans la région. De son côté, Washington est dans la même situation depuis le départ de ses troupes d’Agadez.

Mais la sécurité pèse aussi dans la balance. Le Niger touche à la fois les zones d’action des groupes armés du Sahel et celles du bassin du lac Tchad. Ainsi si la situation s’y dégrade, les premiers touchés seraient les pays du golfe de Guinée puis ensuite l’Europe.

L’autre volet reste la migration: le Niger est un point de passage vers la Libye et l’Algérie. Malheureusement pour les occidentaux, les autorités nigériennes ont abrogé en novembre 2023 la loi de 2015 qui sanctionnait le transport de migrants. Et pour cause, cette loi avait été obtenue sous pression européenne, et son abrogation a privé Bruxelles d’un outil. Un dialogue renoué pourrait servir à en retrouver un autre, même si rien ne l’indique pour l’instant.

Concernant la Russie et la Chine qui ont élargi leur présence au Niger et dans la sous-région, rien n’est sûr. Néanmoins, un retour militaire occidental paraît peu probable à court terme, car les autorités nigériennes ont fait de la souveraineté un principe non négociable.

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