L’Italie punit désormais de cinq ans de prison au maximum la participation violente à une manifestation. En effet, le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté ce décret mardi 20 octobre 2026, deux jours après de nouveaux affrontements à Paris, en France. Rappelons que les violences ont éclaté à Milan le week-end dernier, avec des boutiques mises à sac et des agents attaqués.
« Si, pendant un cortège ou une manifestation, tu rejoins un groupe de cinq personnes ou plus et que tu te mets à lancer des pierres, des pétards, des bâtons, tu risques jusqu’à cinq ans de prison et jusqu’à 20 000 euros d’amende. » a avertit Mme Meloni dans une intervention télévisée.
Les parents des mineurs devront payer
En outre, le décret met aussi les familles à contribution. « Nous appliquons un principe simple : qui casse paie, et si celui qui casse est mineur, ses parents paient. Certes, on pourra s’y opposer, mais en attendant, les parents de ce garçon qui s’est amusé à tout détruire devront payer. » a signalé Mme Meloni.
Selon Meloni, le préfet pourra infliger aux parents une amende de 500 à 1 000 euros, doublée en cas de récidive, même si le mineur n’est pas pénalement responsable. Une victime pourra aussi se retourner contre les biens de la famille. La garde à vue préventive, jusque-là réservée aux adultes, s’applique désormais aux mineurs. La justice des mineurs recevra davantage de magistrats et de places en établissements.
Cinq cents militaires de plus à Milan
Cinq cents militaires supplémentaires seront déployés à Milan jusqu’à la fin de l’année, aux côtés de la police et des carabiniers. D’après le contenu du décret, ils n’auront pas de fonctions de police judiciaire, contrairement à ce qui avait été annoncé les jours précédents.
Meloni a cité un bilan de 330 personnes arrêtées ou interpellées et de près de 200 agents blessés. L’organisation patronale Confcommercio évalue les dégâts à environ un million d’euros. La Première ministre a insisté sur l’âge de certains jeunes identifiés. « Le plus jeune des garçons identifiés à Milan aurait à peine 11 ans. 11 ans. Cela fait mal et cela fait peur. »
Une mobilisation étudiante en Italie comme en France
Le 16 octobre, des étudiants ont défilé dans plusieurs villes italiennes. À Turin, des manifestants ont lancé pierres, bouteilles et fumigènes, et la police a répondu avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. En France, des lycéens bloquent leurs établissements depuis la mi-septembre. Le 17 octobre, des défilés contre la vie chère ont été suivis de violences à Paris, à Lyon et à Marseille, puis de nouveaux heurts place de la République le lendemain.
