Douze personnes ont été tuées samedi 10 octobre 2026 à l’aéroport international King Khalid, à Riyad, en Arabie saoudite, dans une frappe attribuée aux Houthis. L’attaque qui a fait 309 blessés, selon l’autorité saoudienne de l’aviation civile (GACA), a aussi entraîné la mort de plusieurs personnes dont un ressortissant américain. Il s’agit là du bilan le plus lourd de la série d’attaques contre les aéroports du royaume.
Un bilan communiqué par les autorités saoudiennes
La liste des victimes, relayée par l’Associated Press, compte quatre Saoudiens, deux Bangladais, un Palestinien, un Égyptien et un Américain, ainsi que d’autres victimes dont les nationalités n’ont pas été détaillées. Dans son premier communiqué, la GACA avait seulement évoqué des blessés : l’attaque a fait un certain nombre de blessés, qui sont pris en charge. Toutes les opérations ont ensuite été suspendues à l’aéroport. Aucune revendication officielle des Houthis n’avait été publiée pour cette frappe au moment de la rédaction.
L’aéroport avait déjà été visé deux jours plus tôt. Le jeudi 8 octobre, deux attaques ont tué trois Saoudiens, dont un pilote de la compagnie Saudia, et touché un appareil stationné devant une porte d’embarquement. Un mort et huit blessés avaient également été recensés à Riyad entre le 6 et le 7 octobre, en plus de deux morts et 28 blessés à l’aéroport d’Abha.
Quatre mois d’escalade entre Riyad et les Houthis
La dégradation remonte au 13 juillet. Ce jour-là, l’Arabie saoudite et les forces du gouvernement yéménite ont frappé la piste de l’aéroport de Sanaa pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien. Les Houthis ont répliqué le jour même par des missiles et des drones contre l’aéroport d’Abha, soit la plus grave confrontation avec Riyad depuis la trêve de 2022. Le 20 juillet, ils ont annoncé un blocus maritime visant le royaume et ont ensuite attaqué des pétroliers en mer Rouge. Riyad a bombardé le port de Hodeïda le 24 juillet.
Les combats se sont étendus en septembre. Un missile a été intercepté le 18 septembre en direction de l’aéroport de Riyad, et une explosion suivie d’une épaisse fumée a touché un dépôt de carburant du site le lendemain. Le 5 octobre, le gouvernement yéménite a lancé l’opération « Aube du Yémen », qui vise à reprendre Sanaa aux Houthis. Les rebelles ont répondu par des frappes contre les aéroports d’Abha, de Najran et de Jazan. Le lendemain, le ministère saoudien de l’Intérieur a menacé de poursuites toute personne qui filmerait ou diffuserait des images d’interceptions de missiles ou de points d’impact.
Des répercussions qui dépassent la région
Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers Riyad, dont Lufthansa, Air India, Etihad, Qatar Airways et Kuwait Airways. Les ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et de l’Allemagne ont déconseillé à leurs ressortissants de s’approcher de l’aéroport.
La mort d’un Américain place Washington face à un choix : selon CBS News, le président Donald Trump examine la possibilité d’un engagement des États-Unis contre les Houthis. Le Pakistan a de son côté confirmé la présence de ses troupes en Arabie saoudite. Une conférence énergétique internationale doit s’ouvrir à Riyad dimanche, et il reste à savoir si elle sera maintenue.
