« Quelle citoyenneté pour un Bénin, monde de splendeurs ? », c’est du moins le thème autour duquel s’est déroulé la troisième Conférence publique sur le développement inclusif ce mercredi 14 octobre à Cotonou. Cette initiative de l’économiste Olivier Noukpokinnou a connu la participation de plusieurs hommes des médias. Ce fut l’occasion pour lui de mettre l’accent sur plusieurs pratiques qui freinent le développement du Bénin. Il a formulé quatre propositions à l’endroit du gouvernement pour promouvoir l’intégrité, le civisme et la participation citoyenne.
Détournement de bourses scolaires, commissions indues, surfacturation de prestations, pratiques frauduleuses dans le secteur de la santé, abus liés aux frais de mission ou encore spoliation d’héritages, sont autant de comportements malsains dénoncés par le conférencier. Il s’agit de douze situations dans lesquelles des citoyens fragiliseraient d’autres membres de la société. Il n’a pas manqué de dénoncer l’insécurité foncière, la hausse abusive des prix et les obstacles politiques à certaines initiatives locales.
Il estime que ces pratiques ne doivent pas être considérées comme normales. Aussi appelle-t-il à un changement de comportement et à une meilleure relation à l’argent. Pour lui, l’argent doit rester un moyen au service de la société. Selon lui, l’intégrité doit être placées au-dessus des seules compétences techniques. Il estime que les citoyens doivent renouer avec les valeurs du travail, de la discipline et de l’éthique.
Quatre propositions au gouvernement
Pour renforcer le patriotisme, l’engagement civique et la moralisation de la vie publique, Olivier Noukpokinnou a soumis quatre propositions aux autorités. Il préconise d’abord la création d’une Agence de promotion du volontariat et de l’engagement civique, destinée à encourager les citoyens, notamment les jeunes, à servir leur pays. Il propose ensuite une Agence de promotion de la participation citoyenne et du développement de l’économie locale, chargée de favoriser l’implication des populations dans la gestion publique et de soutenir les initiatives économiques locales.
La troisième mesure concerne la mise en place d’une Unité présidentielle pour la moralisation de la vie publique. Celle-ci aurait pour missions de recueillir les plaintes, d’accompagner les victimes et de mener des actions de prévention. Enfin, l’économiste plaide pour un Fonds national de développement de la jeunesse et de l’enfance. Alimenté par un mécanisme d’actionnariat auquel les jeunes contribueraient, ce fonds financerait prioritairement des infrastructures et des initiatives entrepreneuriales en leur faveur.
