Le Burkina Faso et les États-Unis ont tenu à Ouagadougou, jeudi 8 octobre 2026, la première séance d’un groupe de travail conjoint. Ladite rencontre était coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, et par Richard Michaels, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest au Département d’État. Selon le communiqué du ministère burkinabè, l’objectif était de définir des axes de coopération fondés sur « le respect de la souveraineté, les intérêts communs et l’écoute réciproque ». Rappelons que ce rendez-vous a lieu après une période de frictions marquée par des restrictions de visas dans les deux sens.
La délégation américaine était accompagnée de l’ambassadrice Joann Lockard. Cette dernière a été reçue par le chef de la diplomatie burkinabè avant la rencontre. Rappelons qu’en décembre 2025, Ouagadougou avait appliqué des mesures de réciprocité aux ressortissants américains, après des restrictions de visas américains aux burkinabè. Le 20 janvier 2026, Karamoko Jean Marie Traoré recevait l’ambassadrice américaine et l’interpellait sur la lutte contre le terrorisme. « On ne doit pas attendre qu’un citoyen d’un pays soit enlevé pour que ce pays propose une solution », avait-il déclaré, avant d’ajouter qu’il fallait « travailler à neutraliser ceux qui enlèvent ».
Le 12 mars, un émissaire de l’administration américaine, Nick Checker, était reçu à Ouagadougou pour relancer le dialogue. « Nous avons eu un échange très constructif au cours duquel nous avons discuté de notre volonté de relancer les relations entre les États-Unis et le Burkina Faso », avait-il affirmé à sa sortie d’audience. Selon le ministère burkinabè, Washington envisageait alors de lever la suspension des exportations d’équipements militaires vers le pays, une mesure réclamée de longue date par les autorités de Ouagadougou.
Le ministre burkinabè avait salué cette nouvelle posture américaine : « Les États-Unis veulent protéger leurs frontières, le Burkina Faso aussi. ». Le groupe de travail du 8 octobre répond à cette attente en créant un espace de discussion régulier.
