Washington a accepté d’envoyer environ 35 millions de dollars d’aide militaire au Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise. Cette enveloppe fait partie d’un accord migratoire selon le Wall Street Journal le 29 octobre, qui cite des responsables américains et des collaborateurs parlementaires informés des discussions. Yaoundé accepterait d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis qui ne sont pas camerounais. L’aide comprend des blindés de transport de troupes destinés au BIR. Le Département d’État a négocié l’aide militaire et l’accord d’expulsion en même temps, dans un seul ensemble de mesures selon le journal.
Rappelons que le Ghana, le Rwanda et la RDC figurent parmi les pays africains concernés par ces expulsions. Le premier vol est arrivé au Cameroun le 14 janvier 2026 avec des migrants partis de Louisiane, deux jours après l’annonce d’un versement de 30 millions de dollars au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Trente six personnes ont été transférées entre janvier et mai. The Deportation Project, une enquête internationale, estime que plus de 25 000 personnes ont été expulsées vers 35 pays depuis janvier 2025.
Une aide suspendue, puis relancée
Sous le premier mandat de Trump entre 2017 et 2021, Washington avait suspendu son aide sécuritaire au Cameroun invoquant des exactions présumées commises pendant la crise dans les régions anglophones. Des images publiées par Amnesty International montraient des militaires camerounais exécutant des civils. Le BIR, qui a été entraîné par les Américains, est soupçonné de graves abus. À ce jour, ni Washington ni Yaoundé n’ont confirmé officiellement l’existence de cet accord.
