Cameroun, nouvelle terre d’accueil pour migrants expulsés des USA

Neuf migrants originaires de quatre pays africains ont été transférés cette semaine au Cameroun après leur expulsion des États-Unis. Arrivés mercredi à Yaoundé, ils constituent le troisième groupe envoyé dans ce pays depuis le début de l’année.

Les personnes concernées, six femmes et trois hommes, venaient du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie et du Congo-Brazzaville. Elles s’ajoutent aux 17 migrants déjà transférés vers le Cameroun lors de précédents vols organisés depuis janvier.

Un dispositif d’expulsions vers des pays tiers

Le Cameroun fait partie des États africains ayant accepté d’accueillir des migrants en situation irrégulière expulsés du territoire américain, même lorsqu’ils ne sont pas ressortissants du pays de destination. D’autres pays, comme la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, l’Eswatini et la République démocratique du Congo, participent à ce programme.

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Selon des sources concordantes, Washington aurait accepté de verser environ 30 millions de dollars au Cameroun dans le cadre de cet accord. Les autorités camerounaises, en lien avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), prennent en charge les personnes à leur arrivée, avec la possibilité pour celles-ci de déposer une demande d’asile sur place.

Une politique migratoire dictée par des blocages juridiques

Ce type de transfert repose sur une stratégie développée par l’administration Trump pour faire face à des situations où l’expulsion vers le pays d’origine est impossible. Dans plusieurs cas, des décisions de justice américaines interdisent ces renvois en raison de risques pour la sécurité des migrants, notamment en vertu de la Convention contre la torture.

Le recours à des pays tiers permet ainsi aux autorités américaines de poursuivre les expulsions malgré ces restrictions. Cette orientation a été renforcée sous la présidence de Donald Trump, avec une priorité donnée à la réduction de l’immigration irrégulière et à l’accélération des procédures d’éloignement.

Des critiques persistantes d’organisations de défense des droits

Des organisations comme Human Rights Watch dénoncent des accords jugés opaques et alertent sur les conditions d’accueil des migrants dans les pays concernés. Dans un rapport publié en février 2026, l’ONG évoque des détentions arbitraires de personnes expulsées vers le Cameroun et des difficultés d’accès à une protection juridique effective.

Les migrants récemment arrivés pourraient, selon les procédures en vigueur, rester dans des centres gérés par les autorités locales le temps d’examiner leur situation ou d’organiser un éventuel retour vers leur pays d’origine. D’après les éléments communiqués, d’autres vols similaires pourraient être organisés dans les prochains mois dans le cadre de ces accords bilatéraux.

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