« Il est clair que Poutine ne lit pas Truth Social, et ses drones « shahed » suivent un autre ensemble d’instructions. » Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé cette phrase le 12 octobre, dans un discours au Forum de sécurité de Varsovie, en Pologne, dont il a ensuite publié des extraits sur le réseau social X. Il réagissait à l’annonce d’un cessez-le-feu énergétique faite par Donald Trump entre l’Ukraine et la Russie. Cette annonce arrive après plusieurs jours de tensions entre les deux présidents sur les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes.
Les menaces de Trump sur les raffineries russes
Le 10 octobre, Donald Trump avait vivement critiqué Volodymyr Zelensky, selon Newsweek. Il avait exigé l’arrêt de ces frappes et laissé entendre que le dirigeant ukrainien devait être remplacé. Le président américain impute en partie ces attaques à la hausse des prix des carburants.
Le lendemain, il a écrit sur Truth Social : « À compter de maintenant, un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE est en vigueur dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. » Quelques heures plus tôt, Volodymyr Zelensky avait posé sa condition : « L’Ukraine sera prête à cesser de frapper les raffineries de pétrole russes si la Russie cesse de frapper nos infrastructures énergétiques. »
À Varsovie, le président ukrainien a répété que son pays avait accepté l’idée d’une trêve énergétique. Il affirme l’avoir proposée lui-même « plus d’une fois, pendant des mois ». Il a ensuite détaillé la situation de l’Ukraine : « Nous n’avons pas de grandes réserves de pétrole, ni de grandes capacités d’exportation, ni des dizaines de raffineries. » Selon lui, le pays ne possède qu’une seule raffinerie, « gravement endommagée par les frappes russes il y a longtemps ».
L’Ukraine importe donc de grandes quantités de diesel et d’autres produits pétroliers. Volodymyr Zelensky a remercié ses voisins, Pologne en tête, pour cet appui. Le point sensible pour Kiev reste l’électricité : « Les Russes cherchent à rendre ces attaques encore plus intenses chaque hiver, y compris celui-ci. Nous avons des coupures de courant tous les jours. »
Le président ukrainien reconnaît que les pénuries d’essence et les raffineries en feu sont « douloureuses » pour la Russie. Toutefois, il estime que ces pertes sont inférieures aux volumes qui pourraient manquer à cause de la crise dans le détroit d’Ormuz. Sa conclusion tient en une phrase : « Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes à longue portée contre ses raffineries et ses exportations de pétrole, elle doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. C’est tout simplement équitable. » Il a ajouté que l’équipe américaine « sait très bien ce que cela signifie » pour l’Ukraine.
Un précédent resté sans effet durable
L’idée d’une trêve énergétique n’est pas nouvelle. Le 18 mars 2025, le Kremlin annonçait que Vladimir Poutine avait accepté, lors d’un appel avec Donald Trump, un moratoire de 30 jours sur les frappes visant les infrastructures énergétiques. Kiev et Moscou s’étaient ensuite accusés mutuellement de ne pas le respecter.
