Seize jours après l’annonce du Nobel de la paix, Donald Trump s’en est pris violemment à la Norvège, le dimanche 25 octobre 2026, lors d’un meeting à Port Huron, dans le Michigan (États-Unis). Le président américain, qui reproche au comité Nobel de ne pas l’avoir choisi, a lancé : « Franchement, la Norvège craint. La Norvège est devenue un pays de chiottes… Je ne veux personne de Norvège, je ne veux rien avoir à faire avec la Norvège ».
Donald Trump a dit refuser les ressortissants norvégiens « parce que je n’ai pas eu le prix Nobel » affirmant préférer accueillir des migrants du Danemark. Il a décrit la lauréate, la juriste sud-africaine Navi Pillay, ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme et ancienne juge de la Cour pénale internationale, comme « une femme dont personne n’avait jamais entendu parler ». Il s’était déjà indigné le 9 octobre, jour de l’annonce, en parlant d’une « tache indélébile » sur la Norvège.
La Norvège, un exemple récurrent dans ses discours sur l’immigration
Ce n’est pas la première fois que le président américain cite la Norvège quand il parle d’immigration, mais le ton a changé. En effet, il en faisait jusqu’ici un modèle de pays dont il aurait voulu accueillir les ressortissants. Selon la presse américaine, il avait déjà demandé en janvier 2018, lors d’une réunion au Bureau ovale, pourquoi les États-Unis ne recevaient pas davantage de Norvégiens. Il lui était reproché d’avoir qualifié Haïti et plusieurs pays africains de « pays de merde ». Il avait alors démenti.
Oslo répond avec calme
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a réagi sur la radio publique NRK : « Il sait très bien que le comité Nobel est indépendant. Trump a un style qui lui est propre ». Le comité est désigné par le Parlement norvégien, mais il décide seul du lauréat, sans consulter le gouvernement.
Le Premier ministre Jonas Gahr Støre avait déjà dû rappeler cette indépendance en janvier 2026. Donald Trump lui avait alors écrit qu’il ne se sentait « plus obligé de ne penser qu’à la paix », puisque la Norvège avait « décidé de ne pas lui donner » le prix. Aucune mesure officielle visant les ressortissants norvégiens n’a été annoncée à ce stade par l’administration américaine.
