Le marché américain du mobile, tenu depuis des années par trois groupes, voit arriver un rival aux moyens financiers considérables. En effet, Elon Musk, par l’intermédiaire de SpaceX, a annoncé jeudi 8 octobre 2026 aux États-Unis un accord pour acquérir un portefeuille national de licences de basse fréquence auprès de Grain Management. Il couvre jusqu’à 14 mégahertz de spectre apparié dans la bande 800 MHz, des fréquences qui portent loin et pénètrent mieux dans les bâtiments. Ainsi, SpaceX affirme que ce spectre de premier choix « comble l’une des principales lacunes techniques restantes » et « ouvrira la voie à Starlink Mobile pour devenir un grand opérateur mobile aux États-Unis ». Toutefois, la transaction doit encore recevoir l’aval de la FCC, le régulateur américain des télécommunications.
Selon CNBC, les actions d’AT&T, de Verizon et de T-Mobile ont reculé d’environ 6 à 7 % en séance prolongée jeudi, puis ont poursuivi leur baisse vendredi. La secousse a traversé l’Atlantique : Deutsche Telekom a perdu environ 7 % en Europe. SpaceX, cotée en Bourse depuis juin sous le symbole SPCX, avait cédé 4 % pendant la séance régulière avant de rebondir d’environ 2,5 % après la clôture.
Pour rappel, les trois opérateurs américains ont formé la semaine dernière une coentreprise consacrée à la couverture satellite des zones mal desservies, sans y associer Starlink.
Ce qui va changer
Pour les abonnés, la question pratique est celle du téléphone. Et pour cause, SpaceX précise que la plupart des appareils actuels prennent déjà en charge la bande 800 MHz, ce qui permettrait d’utiliser Starlink Mobile sans acheter un nouveau smartphone. Les iPhone récents gèrent aussi cette bande, mais leur compatibilité avec le futur service n’est pas confirmée à ce stade. Il en va de même pour les Samsung : les Galaxy S21 et les modèles suivants, les Galaxy Z Fold 3 et Z Flip 3 et leurs successeurs, ainsi que plusieurs Galaxy A, figurent déjà sur la liste des appareils compatibles avec le service satellite de T-Mobile et Starlink, mais aucune liste officielle n’existe encore pour le réseau mobile à venir. Reste un chantier de taille : pour combiner satellites et antennes au sol, SpaceX devra d’abord construire un réseau de tours.
