Le ministre d’État chargé des Affaires de la défense du Qatar, Cheikh Saoud Al Thani, évoque le rapprochement entre la France et l’Allemagne pour défendre une approche fondée sur le dialogue et les intérêts économiques communs avec l’Iran, son voisin.
Le Qatar veut-il s’inspirer de l’histoire européenne pour prévenir de futurs conflits avec l’Iran? Lors d’une intervention au Global Security Forum à Doha, le ministre d’État chargé des Affaires de la défense, Cheikh Saoud Al Thani, a cité le rapprochement entre la France et l’Allemagne comme un exemple à suivre. Pour illustrer son propos, le responsable qatari a rappelé les conflits qui ont marqué les relations franco-allemandes pendant plusieurs décennies.
» L’Allemagne et la France ont eu des conflits pendant presque 75 ans, avec trois grandes guerres. Mais ils ont décidé, Adenauer et De Gaulle, en 1967, d’établir des liens économiques. Ça a commencé par Airbus en 1970. Ils voulaient construire un pont afin d’utiliser les liens économiques pour éviter les conflits. Je pense que dans le futur, après l’accord et le dialogue régional, c’est une des choses que nous devons prendre en compte » a déclaré le responsable qatari.
Pour rappel, le 22 janvier 1963, le général Charles de Gaulle et le chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer ont signé le traité de l’Élysée, qui a posé les bases d’une coopération politique et institutionnelle entre les deux pays. Dans le prolongement de ce rapprochement, les deux pays ont également développé des projets industriels communs.
Par ailleurs, le ministre souhaite voir cette logique trouver sa place dans les relations régionales. « L’Iran est notre voisin », a-t-il rappelé, estimant que Doha et les autres acteurs concernés doivent rechercher des moyens d’éviter de nouveaux conflits. Ainsi, il a appelé les pays concernés à trouver des moyens de prévenir de nouveaux conflits, en misant notamment sur le dialogue et un accord régional.
En outre Qatar a également intérêt à préserver la stabilité du Golfe, notamment pour protéger ses installations énergétiques et ses activités économiques. En effet, une nouvelle escalade pourrait fragiliser ces infrastructures et perturber les échanges dans la région.
