Gabon : l'État reprend des dizaines de permis miniers pour non-respect de la réglementation

Des dizaines de permis de recherche et d’exploitation minière sont revenus au domaine public de l’État au Gabon. En effet, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a rendu cette décision publique par un communiqué daté du 19 octobre 2026 à Libreville. Selon ce texte, les contrôles ont établi que plusieurs sociétés titulaires ne respectaient pas les exigences légales et réglementaires. Pour rappel, le Mali et la Guinée ont déjà pris des mesures comparables envers des opérateurs miniers ces dernières années.

L’audit s’est déroulé du 29 juin au 16 octobre, sur la base de la loi n° 037/2018 du 11 juin 2019 portant réglementation du secteur minier. Puis, une commission a examiné la régularité des permis, les capacités techniques et la solidité financière des sociétés. Rappelons que le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait demandé un audit complet du secteur aurifère le 8 octobre 2025, lors d’une rencontre avec les opérateurs.

Huit des neuf provinces concernées

Les permis repris se situent dans huit des neuf provinces du pays, dont l’Ogooué-Ivindo, la Ngounié et le Woleu-Ntem. Parmi les titulaires de permis de recherche cités par le ministère figurent Abice Mining Gabon, Afrique Resources, Gabon Gold Mining et Jin He Mining. Concernant les permis d’exploitation, la liste comprend SMO, la Société des mines et carrières du Gabon, Agil Gabon et Global Mine Development.

Le ministère invite les opérateurs à se rapprocher de ses services pour toute information complémentaire. Il prévient que tout contrevenant s’expose à des poursuites judiciaires. La production d’or du pays reste modeste : environ deux tonnes par an, issues surtout de l’or alluvial, selon la Société Équatoriale des Mines.

Le Mali et la Guinée avaient déjà repris des permis

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se pose en Afrique. Et pour cause au Mali, le code minier de 2023 a opposé l’État au groupe canadien Barrick Gold autour du complexe de Loulo-Gounkoto, détenu à 80 % par Barrick et à 20 % par l’État malien. Dans la foulée, les autorités ont saisi trois tonnes d’or, arrêté quatre employés maliens de la société et placé le site sous administration provisoire en juin 2025. Scénario similaire en Guinée avec le général Mamadi Doumbouya a fait retirer 51 permis miniers en mai 2025, puis 129 permis de recherche, surtout aurifères, quelques jours plus tard.

Le ministère des Mines et de la Géologie a retiré 45 permis d’exploitation le 17 juillet 2025, sans aucune compensation pour les sociétés concernées. Le permis de Guinea Alumina Corporation, filiale du groupe émirati Emirates Global Aluminium, a aussi été retiré en juillet 2025. Toutefois au Gabon, le communiqué du 19 octobre n’indique pas les manquements reprochés à chaque société et deux dossiers restent ouverts.

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