Le Gabon veut fermer son marché au poulet de chair importé dès le 1er janvier 2027, et Washington vient de le faire savoir devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Réuni le 18 septembre 2026 à Port-Gentil sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a pris acte de « l’interpellation du Gabon par les États-Unis d’Amérique au sein de l’Organisation mondiale du commerce ». Pour rappel, la mesure, annoncée le 30 mai 2025, vise à renforcer la production nationale et à réduire la dépendance alimentaire du pays. De leur côté, les États-Unis estimeraient qu’une interdiction pure et simple des importations contredit les règles du commerce mondial, qui n’admettent ce type de décision qu’à titre exceptionnel.
Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, a réagi dans un entretien accordé à Gabon Media Time. Il écarte toute idée de blocage : « Les États-Unis défendent leurs intérêts commerciaux ; le Gabon défend ses intérêts économiques, sa souveraineté alimentaire et le développement de son appareil productif ». Il précise aussi la portée de la démarche américaine : « Le Gabon n’a pas été condamné par l’OMC et nous ne sommes pas, à ce stade, face à une décision de l’OMC contre le Gabon ».
Les États-Unis, deuxième fournisseur de poulet du Gabon
L’enjeu commercial explique la réaction de Washington. D’après les données d’importation, les États-Unis ont livré 16 518,8 tonnes de poulet au Gabon, pour 19,9 millions de dollars, juste derrière le Brésil, premier fournisseur avec 15 932,7 tonnes pour 21,2 millions de dollars. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne complètent le haut du classement.
Libreville part de loin. La production nationale avoisine 4 000 tonnes par an, alors que le déficit annuel est estimé à près de 50 000 tonnes. Le gouvernement vise plus de 100 000 tonnes d’ici 2027-2028 et plus de 100 000 emplois. Un plan d’urgence prévoit déjà une première commande de 562 400 poussins d’un jour et de 2 350 tonnes d’aliments pour volailles.
Pour répondre à l’OMC, « le gouvernement prépare un dossier économiquement documenté, juridiquement solide et diplomatiquement défendable », selon Pacôme Kossy. Le calendrier du 1er janvier 2027 reste officiellement maintenu, mais la contestation américaine pourrait en modifier les modalités. Le ministre, lui, ne varie pas : « Le cap ne change pas : produire au Gabon ce que nous mangeons ».

Trompe, en faisant fi de toutes les lois nationales et internationales met des tarifs comme il change ses couches de papi, mais veut interdire au reste du monde de protéger leur marché intérieur.