« Il n’y a pas de conditions pour organiser des élections à cette date » : le Premier ministre de transition de Guinée-Bissau, Ilídio Vieira Té, a écarté jeudi 8 octobre 2026 le scrutin général fixé au 6 décembre. À la sortie d’une audience à Bissau avec le président de la transition, le général Horta Inta-a, il a assuré que « tous ces délais n’ont pas été respectés, ce qui rend impossible la tenue des élections ». Ce double scrutin, présidentiel et législatif, devait refermer la période ouverte par le coup d’État du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló.
D’après le journal local O Democrata GB, le chef du gouvernement a expliqué avoir été « convoqué par le Président de la République de transition » pour faire le point sur le processus. En effet, le président de la transition avait reçu séparément l’exécutif et la Commission nationale des élections.
Des candidatures absentes et des partis hors délais
« Les partis auraient déjà dû déposer leurs candidatures auprès de la Cour suprême de justice et, jusqu’au 6 de ce mois, cette procédure n’a pas été respectée », a affirmé Ilídio Vieira Té. Le second touche aux formations elles-mêmes : « Beaucoup de partis ont des organes caducs et n’ont pas tenu les congrès de renouvellement », a-t-il ajouté.
Rappelons toutefois qu’un décret du 21 janvier 2026 avait fixé le scrutin au 6 décembre, en jugeant les conditions réunies pour des élections libres et transparentes. Vers le 25 septembre, à la tribune des Nations unies à New York, le Premier ministre promettait lui-même des élections « inclusives, libres, transparentes et crédibles » à cette date.
L’opposition jugeait déjà l’échéance intenable. Le 6 octobre, à Lisbonne, Domingos Simões Pereira, président de l’Assemblée nationale populaire et chef du PAIGC, déclarait : « La date du 6 décembre est impraticable, non seulement à cause des délais, mais parce que les conditions ne sont pas réunies pour aller aux urnes. » Il rappelait aussi que « les partis politiques sont interdits de toute activité » dans le pays, ce qui rend toute campagne impossible.
