L’Algérie consacrera près de 22 milliards d’euros à son programme national d’énergies renouvelables, avec l’objectif de produire 15 000 mégawatts d’ici 2035. L’annonce a été faite par le président Abdelmadjid Tebboune le mardi 27 octobre 2026. Il affirme que le pays ne subit pas la transition énergétique mais en trace lui-même les contours.
Cette ambition a une dimension européenne évidente. L’Algérie a fourni au premier semestre 2026, 33,9 % des importations de gaz de l’Espagne, devant les États-Unis, selon la plateforme Energy. En Italie, environ 36 % du gaz arrive par gazoduc depuis l’Algérie. Alger veut désormais transposer cette position de fournisseur établi vers l’énergie verte.
Un corridor vers le continent européen
En cours de réalisation avec des partenaires européens et la Tunisie, le corridor SoutH2, doit permettre d’exporter gaz, électricité, ammoniac et hydrogène. Un mémorandum prévoit de relier l’Algérie à l’Europe via l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Tebboune veut consolider la place de l’Algérie comme « pôle énergétique transcontinental ». Le président accorde « une priorité absolue » aux énergies renouvelables selon le ministre de l’Énergie, Adjal. Le pays restera « un fournisseur sûr et fiable » pour Tebboune.
Selon des données officielles, une deuxième étape portant sur les 11,8 GW restants nécessiterait près de 9,8 milliards de dollars d’ici 2035. Les autorités comptent sur des fonds internationaux, notamment le Fonds vert pour le climat et sur des partenariats régionaux et bilatéraux, pour mobiliser près de 10 milliards de dollars. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : alimenter sa propre transition et, à terme, livrer une énergie verte à l’Europe.
