Aucun piratage de cryptomonnaies n’avait atteint une telle ampleur. Et pour cause, le 29 octobre 2026, la plateforme d’échange Binance a perdu des milliards de dollars en quelques minutes, et le cabinet américain d’analyse blockchain TRM Labs en attribue la responsabilité à la Corée du Nord. Dans son analyse, l’entreprise a déclaré: « Un attaquant a déplacé environ 6,36 milliards de dollars hors de portefeuilles de Binance, sur dix blockchains, la plupart en une vingtaine de minutes. TRM attribue l’attaque à TraderTraitor (ndlr: un groupe rattaché à Pyongyang), l’unité d’élite nord-coréenne de piratage, sur la base de renseignements solides, à la fois sur la blockchain et hors de celle-ci. Nous formulons ce jugement avec une confiance élevée ».
Un mode opératoire déjà observé chez Bybit
Pour appuyer sa conclusion, TRM Labs s’est appuyé sur des précédents, et le cabinet détaille : « Plusieurs caractéristiques de cette attaque correspondent à celles de vols précédents liés à la Corée du Nord, dont le piratage de Bybit et celui de KelpDAO en avril 2026 : de petits retraits via Tornado Cash pour financer un portefeuille d’opérateur, une préparation qui a commencé bien avant le vol, puis des signatures obtenues à l’avance et exécutées d’un seul coup ». Dans la foulée, il a conclu que ces éléments indiquaient « une compromission de l’infrastructure de signature des portefeuilles chauds de Binance », c’est-à-dire ceux qui restent connectés en permanence à internet.
Pour rappel, en février 2025, la plateforme Bybit avait perdu 1,5 milliard de dollars, un vol que le FBI avait déjà imputé au même groupe, si bien que la somme dérobée à Binance en représente plus de quatre fois le montant.
Face à cette attaque, Binance a assuré que les fonds de ses utilisateurs restaient en sécurité et s’est engagée à couvrir toutes les pertes grâce à son fonds de réserve SAFU et à ses fonds propres. La plateforme a aussi suspendu temporairement les dépôts et les retraits, le temps de mener des vérifications de sécurité.
