Léon XIV juge la peine de mort « inadmissible » alors que les États-Unis prévoient une exécution diffusée en direct

Le Pentagone prévoit de diffuser en direct l’exécution par peloton de l’ancien militaire Nidal Malik Hasan, fixée au 3 décembre aux États-Unis, selon l’Associated Press. Le pape Léon XIV a qualifié la peine capitale d’« inadmissible » le 10 octobre, lors de la Journée mondiale contre la peine de mort, dans un message publié sur X par le compte @Pontifex. Le texte ne cite ni Hasan ni ce projet. Né à Chicago, premier pape américain de l’histoire, Léon XIV est pourtant en désaccord ouvert avec le président Donald Trump, et cette prise de position s’ajoute à un bras de fer déjà installé entre le Vatican et la Maison-Blanche.

Un message qui reprend la doctrine De L’Église

Le pape a écrit que « la peine de mort est inadmissible, car elle constitue une atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne ». Il a ajouté que « le bien commun peut être préservé et les exigences de la justice satisfaites sans recourir à la peine capitale », car « des systèmes de détention efficaces ont été développés » et ils « ne privent pas totalement les coupables de la possibilité de la rédemption ». La publication se termine par le mot-clic #NoDeathPenalty.

Cette formulation reprend la doctrine fixée en 2018 par le pape François, qui avait modifié le catéchisme de l’Église catholique pour déclarer la peine de mort inadmissible en toutes circonstances. Le 24 avril, dans un message vidéo diffusé à l’université DePaul de Chicago, Léon XIV avait déjà exprimé son soutien à ceux qui militent pour l’abolition aux États-Unis. Le même jour, le ministère américain de la Justice annonçait le retour du peloton d’exécution.

Le Vatican et les évêques américains dénoncent le projet

Quelques heures avant la publication du pape, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, avait jugé ce projet « vraiment incompréhensible » et « inacceptable de transformer la mort en spectacle ». Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait confirmé la diffusion en direct jeudi 8 octobre.

Le président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, Paul Coakley, a demandé au Pentagone de reconsidérer sa décision. Dans une déclaration vendredi, il a affirmé que « les actes de Hasan ne peuvent en aucun cas être excusés », mais que cette décision était « une promotion barbare de la culture de la mort ». Selon lui, « l’exécution publique, même de celui qui a fait un grand mal, ne fera qu’affaiblir davantage le tissu moral de la nation ». Le Pentagone a décliné tout commentaire sur les critiques du pape.

Un condamné à mort depuis 2013

Nidal Malik Hasan, ancien psychiatre de l’armée américaine, a été condamné à mort en 2013 pour la fusillade de Fort Hood, au Texas, en novembre 2009. L’attaque avait fait 13 morts et plus de 30 blessés. Aucune exécution militaire n’a eu lieu aux États-Unis depuis 1961, date de la pendaison du soldat John A. Bennett.

Rappelons que le président Trump avait attaqué publiquement Léon XIV sur sa plateforme Truth Social, le jugeant « faible » face à la criminalité et « terrible » en politique étrangère. En guise de réponse, le pape avait affirmé qu’il ne se laisserait pas intimider.

Laisser un commentaire