Longtemps en tête de ce classement, l’Afrique du Sud recule encore d’une place et cède la sienne au Maroc, selon le palmarès publié mardi 27 octobre 2026 par la banque Rand Merchant Bank (RMB), basée à Johannesburg. « Le Maroc est le seul pays à progresser dans le top cinq du classement, dépassant l’Afrique du Sud pour s’emparer de la quatrième place » affirme la banque dans son rapport « Where to Invest in Africa 2026/2027 ».
Le podium ne change pas pour la troisième année de suite avec les Seychelles qui arrivent en tête, suivies de Maurice et de l’Égypte. Ainsi le Maroc se place ensuite quatrième, et l’Afrique du Sud descend au cinquième rang après avoir été quatrième dans l’édition précédente même si elle avait dominé les premières éditions, de 2011 à 2016. Pour information, RMB évalue 31 pays à partir de vingt indicateurs, répartis en quatre piliers : performance économique, accessibilité du marché et innovation, climat d’investissement, développement social et humain.
L’industrie automobile en moteur de la hausse
RMB attribue ce changement de rang à « des années d’industrialisation réussie, de diversification des exportations et d’investissements dans les infrastructures… Le pays s’est imposé comme l’un des principaux pôles manufacturiers d’Afrique, en particulier dans la production automobile, tout en maintenant sa stabilité macroéconomique et en attirant d’importants investissements directs étrangers ».
Les chiffres cités dans le rapport vont dans le même sens. En effet, le Maroc a produit 501 965 véhicules en 2025, soit 40,8 % de la production du continent. En outre, RMB relève aussi le retour du pays dans la catégorie « investment grade » auprès de l’agence S&P en septembre 2025, avec une perspective stable. Elle rappelle enfin que le royaume, coorganisateur de la Coupe du monde de football 2030 avec l’Espagne et le Portugal, prévoit environ 5 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures liées à l’événement, et vise 26 millions de touristes par an d’ici la fin de la décennie.
Du côté sud-africain, la banque ne parle pas d’effondrement mais elle souligne que le pays garde des marchés financiers profonds, une sécurité énergétique en amélioration et des réformes en cours. Toutefois, une croissance plus faible et des problèmes persistants d’électricité et de logistique pèsent sur sa compétitivité industrielle et à l’export. Ainsi, pendant que le Maroc élargit sa base manufacturière, l’Afrique du Sud perd du terrain sur ce critère.
Le Nigeria est le pays qui progresse le plus dans l’édition 2026/2027, avec un gain de sept places qui le porte au 11ᵉ rang. RMB estime que la suppression des subventions aux carburants, la libéralisation du marché des changes et les réformes statistiques « remettent son économie sur une trajectoire plus durable ».
