Plus de 115 frappes de drones et de missiles ont endommagé ou détruit des structures sur 26 bases et sites américains au Moyen-Orient depuis fin février 2026, selon une analyse de l’Associated Press publiée le 31 octobre. Ces attaques, revendiquées par l’Iran ou par des milices alliées, couvrent la période jusqu’en août et ont visé surtout le Koweït.
Téhéran n’a pas visé en premier les bâtiments, mais plutôt les systèmes chargés de détecter les attaques. En effet, dès les deux premiers jours du conflit, les structures qui protégeaient les radars de Camp Arifjan, au Koweït, et de Naval Support Activity Bahrain ont été détruites. Un radar américain a ensuite été touché en Jordanie, alors que l’armée de terre n’en possède que 13 dans le monde, à environ 500 millions de dollars l’unité. L’expert N.R. Jenzen-Jones, du cabinet Armament Research Services, a ainsi expliqué que ces cibles visaient « à perturber et à dégrader la capacité des États-Unis et de leurs alliés à répondre à de nouvelles frappes ».
Des hangars aux casernes, puis un retrait du Golfe
Une fois ces radars hors service, l’Iran a mené plus de 50 frappes réussies contre 18 sites en un mois, en privilégiant ceux qui abritaient des avions. La base d’Ali Al Salem, au Koweït, a été touchée au moins 30 fois, et 15 hangars y ont été endommagés ou détruits. À Camp Buehring, le gymnase a été détruit en mars, puis un magasin destiné aux soldats a été frappé fin juillet. En Arabie saoudite, un avion de surveillance E-3 Sentry a été endommagé sur la base Prince Sultan, tout comme deux avions ravitailleurs.
Par conséquent, deux responsables régionaux ont indiqué que Washington a déplacé une partie de ses avions, de ses systèmes de défense aérienne et de ses moyens de communication hors du golfe Persique. Et pourtant, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, avait affirmé dans un communiqué : « Les forces et les bases américaines sont bien protégées et l’armée américaine est plus forte que jamais. Nos militaires du CENTCOM disposent de tout ce dont ils ont besoin pour poursuivre leur succès historique et garantir que l’Iran n’obtienne jamais d’arme nucléaire ».
Raphael Cohen, de la RAND School of Public Policy, a livré une lecture différente : « Cela devrait être un signal d’alarme pour les États-Unis. C’est l’environnement opérationnel auquel nous serons confrontés à l’avenir. L’idée que nous puissions compter sur des infrastructures fixes, comme pendant la guerre mondiale contre le terrorisme, est révolue ».
La situation reste tendue, puisque le président Donald Trump envisage de nouvelles frappes après les élections de mi-mandat de mardi prochain. L’Iran a même promis une riposte majeure.
